Pour cette étape, où Amélie, une amie de Noirmoutier, était avec nous, nous vous proposons de lire son carnet de bord (après les photos). Amélie voyage depuis un an en Amérique du Sud (pour consulter son blog complet, cliquez sur http://estrelladelviaje.spaces.live.com), elle nous a rejoints à Grenade pendant près d'un mois. Nous sommes remontés ensemble en Martinique avec une petite escale aux Grenadines, avons vécu le cyclone Omar (mais aucun souci pour notre bateau), sommes partis en Dominique, puis retour en Guadeloupe avec un petit arrêt aux Saintes. Ci-après quelques photos, cette fois légendées, de cette étape...
Plongée sous-marine en Martinique, près du port du Marin (Encore Merci à Mary et Michel grâce et avec qui nous avons pu faire cette plongée !)
Le marché du port du Marin en Martinique. Parmi les fruits et légumes aux noms ensoleillés, nous avons mangé des maracujas, de la pomme cannelle, des christophines, de l'igname, de la goyave, du chou caraïbe...






Nous attendions une bonne fenêtre météo pour monter en Dominique. Nous avons bien fait ! Le cyclone Omar a fait de nombreux dégâts surtout à St Barthélémy, St Martin, la Guadeloupe, mais aussi en Martinique. Ici, Pointe-à-Pitre, et la Pointe du Bout, tout près des Anses d'Arlets où nous étions venus nous abriter.
Mandragore pris en photos sous toutes les coutures... On a déjà plein de photos, mais on ne s'en lasse pas, n'est-ce pas !
Nos rencontres en voyage : Mary et Michel, Simone et Eric, Isabelle et Laurent au Marin en Martinique, Roger aux Anses d'Arlets (si vous y allez, allez déguster ses "jus de fruits frais fraichement pressés" de son petit resto devant le port !), Fabienne, Bernard et leurs deux enfants en Dominique...
Et enfin, me voici à bord de Mandragore, aventure tant rêvée ou je vais pouvoir enfin me forger le pied marin et alimenter, c'est sûr, de nouvelles passions amoureuses (avec la mer bien sur!)... je passerai les détails de mon arrivée fracassante où au lieu de retrouver l'équipage, je dormis dans un hôtel hors de prix, en face du mouillage du voilier !
Mais c'est bon, j'y suis ! et j'ai bien l'intention d'en profiter au maximum.
Hélène et Laurent sont donc des amis de Noirmoutier, partis, eux aussi il y a un an, à la poursuite de leur rêve, le tour du monde en voilier ! magnifique non ? et quelle chance j'ai moi aussi de pouvoir les rejoindre a bord pour un mois de navigation dans les Caraïbes. Mandragore est un beau ketch de 15 mètres de long. Sa coque est en ferro-ciment, mélange donc de ces deux matières. ketch signifie un deux mâts, le plus court (mât d'artimon) placé à l'arrière. Lorsque le plus court est à l'avant (mât de misaine), c'est une goélette (eh oui j'ai appris le voc marin maintenant! j'en aurais plein d'autres à vous sortir...). Il est vieux de 30 ans mais rigoureusement maintenu par notre équipage et parait toujours fringuant comme lors de ses premières sorties en mer (je suppose!). Un très beau voilier en tout cas, à la coque noire et fine, il taille la route dignement. Très spacieux, un beau carré, avec la cabine des capitaines à l'arrière tandis que les apprentis matelots dont je fais partie logent à l'avant. Ca défile d'ailleurs, il a du succès Mandragore ! Je suis en effet précédée par un couple d'amis de Laurent qui nous quitteront quelques jours après mon arrivée, et après moi c'est la maman de Laurent qui viendra profiter du fougueux voilier.
Nous nous retrouvons donc tous à Grenade, belle île à la population noire parlant exclusivement anglais, tous très aimables et gentils. Nous n'y passons pas beaucoup de temps malheureusement car il faut ramener François et Circée à l'aéroport de Fort de France. Nous remontons tels des éclairs les Grenadines, faisant une halte dans une baie magnifique, où la mer des Caraïbes joue à narguer l'Océan Atlantique, à travers un mince filet de terre. C'est d'ailleurs cette soirée-là que François demandera la main de Circé... (wahooo). Nous repartons le lendemain pour une nav' de 14h jusqu'à Sainte Lucie, île anglaise juste en-dessous de la Martinique. C'est l'occasion pour moi de découvrir les magies de la navigation de nuit, d'autant que nous sommes gâtés, le ciel est dégagé et magnifique, et les étoiles brillent de milles feux. Bon, Laurent ne dira pas la même chose lui qui a veillé lorsque nous étions principalement au moteur et quand ça tapait beaucoup. J'ai eu de la chance, me réveillant à 4h du mat', le vent se levait juste. Hélène était déjà à son quart, nous avons pu ensemble rêver sous les étoiles aux bruits de l'eau sur la carène et du vent dans les voiles. J'ai peu de mots pour décrire ce que j'ai ressenti, mais ça y est, je me voyais déjà accro et grande navigatrice parcourant le monde sur son fidèle voilier ! même si la vaillante aventurière avait jusque là de sévères difficultés à être dans le bateau lorsque celui-ci avançait. Et oui, le pied marin ça s'apprivoise, ça vient pas comme ça quoi ! Il faut de la pratique, du souffle, un estomac bien accroché et de la mo-ti-va-tion! Un peu chaud au début, limite le mal de mer... Enfin, un magnifique souvenir que de tracer la route sous les étoiles. Tout est plus silencieux, plus important, prend une autre consistance et un autre mystère. C'est un temps privilégié, propice à l'introspection et aux pensées poétiques.
Nous arrivons à Sainte Lucie après une aurore lumineuse, vite rattrapée par des amas de nuages pluvieux qui jouent à se poursuivre sur l'immensité de la mer, créant ça et là quelques arcs en ciel. Je fais la connaissance d'Eric et Simone, déjà amis de l'équipage que nous devons ramener jusqu'en Martinique. On a de la chance, c'est Friday Night, la nuit des sorties, repas sur le pouce en ville et bière à gogo dans les rues ! Et nous arrivons au port du Marin, trou à cyclone, le plus gros port de plaisance des petites Antilles, situé au sud de la Martinique. Simone et Eric nous quittent, et commencent une semaine tranquillette au mouillage en attendant de reprendre leur boulot de skipper et cuisinière sur des voiliers de charters.
Un peu trop tranquille d'ailleurs, nous commençons à tourner en rond, mais sommes un peu coincés à cause des pluies fréquentes et de la menace d'une tempête tropicale pour la semaine prochaine. Notre prochaine étape est la Dominique mais cette île ne possède pas d'abri pour les voiliers, il est donc plus prudent d'attendre et savoir ce que devient cette fameuse tempête. Bien nous en prend car nous apprendrons que c'est un cyclone qui se prépare, Omar, le 15ème de l'année.
Un autre couple d'amis, Mary et Michel, nous emmène généreusement plonger avec des bouteilles (ce sera mon baptême !) près du canal d'entrée au port, et l'expérience constitue aussi un souvenir fort de ce dernier mois. Quelle magie en effet que de pénétrer dans ce monde bleu et silencieux (enfin mis à part le bruit entêtant de notre respiration !!). Observer les poissons et leurs comportements, tous différents. Les petits noirs nerveux qui défendent jalousement leur morceau de caillou, ceux qui se déplacent en bande, dans un ballet silencieux et parfait, les solitaires, errants d'un récif à l'autre, les bleus phosphorescents, les rayés jaunes et noirs, les poissons clowns, les plats, les gris, les transparents, et les étoiles de mer !!! Grosses et parfaites, elles sont écrasées sur le sol et ne bougent pas. C'est comme un paysage à l'envers, la tête en bas, avec un fin miroir souple et transparent qui nous sépare du monde de l'air, miroir où se reflètent nos mains lorsqu'elles brassent pour nager. C'est beau, très beau, et très touchant. L'appareil photo ne pourra malheureusement pas retranscrire toute cette magie, mais quelle liberté le corps atteint lorsqu'il voltige ainsi en totale apesanteur dans cet élément magnifique qu'est l'eau, devenant souple et aérien, subtile et léger... Sûr que notre mémoire cellulaire est activement sollicitée lors de ces immersions dans cet élément premier et pré-natale. Enfin, j'adore, et j'en profite a fond.
Mais la semaine est longue et nous commençons à nous ennuyer ferme de ce repos forcé, même si il est permet de mettre à jour blog et photos, c'est de l'action auquel nous rêvons nous, pauvres marins cloitrés au port ! Alors nous prenons la mer, malgré la pluie et le ciel gris. A t'on déjà prosé sur la poésie d'un jour de pluie sur la mer silencieuse ? Ce drôle de « cotonnement » dans l'air et sur l'eau ? non ? Avec raison parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire.
Arrêt à petite Anse, après 4h de nav' en remontant au nord, toujours en Martinique. Petite plage mignonette, barques de pêche de couleurs et bières au soleil. (J'ai retrouvé la Leffe, quel bonheur !). Nous traquons les tortues mais elles se refusent à notre regard, seul Laurent aura l'œil assez aiguisé pour apercevoir quelques têtes parfois, remontant à la surface pour venir y respirer. Il parait que ca va barder, nous avons la confirmation par la météo, que nous écoutons plusieurs fois par jour, que c'est un cyclone qui se prépare et qu'il passera sur St Martin, au nord de la Guadeloupe dans deux jours. Il faut trouver un mouillage sûr, d'autant qu'il est annoncé une houle de 2m sur les côtes Ouest des iles, là où tous les ports sont situés, du coté de la mer Caraïbes, là où rien n'est préparé...
Mais Laurent, en marin aguerri, nous dégotte une baie du tonnerre de dieu, à l'abri de vent et marées. Et nous partons nous y abriter, serrant les fesses pour que Mandragore y soit bien protégé...
Il est intéressant d'observer un peu ce que met en cause le fait de poser les pieds sur un bateau (et y vivre quelques temps bien sur...). C'est un peu prendre conscience de sa place sur terre, d'une manière ou d'une autre, on est obligé de s'en informer. Calculer la position du bateau, les latitudes, longitudes, s'informer de la météo, observer les étoiles la nuit, la force du vent, les nuages qui s'accumulent à l'est, au-dessus des îles, le sens de la houle, sa force. Prendre conscience en quelque sorte de son environnement extérieur et naturel qui donne une foule d'indices sur ce qui se passe autour de nous. Plus encore sur un bateau, il s'agit d'anticiper. Mais cette relation à l'extérieur, à la nature, bien entendu nécessaire sur un bateau, nous montre aussi une voie d'observation et d'harmonisation avec notre environnement, acte dont nous sommes bien souvent coupés. C'est encore une fois, une question de regard. Petit résumé peut être de la leçon principale de cette année où il s'agissait d'ouvrir les yeux au monde, et de s'en émerveiller............................ la magie de la mer. Oui c'est sûr, c'est plus facile à dire lorsque l'on y passe quelques jours ou semaines et que l'on évite ainsi toute la maintenance du bateau, qui occupe plus ou moins 75% du temps du marin voyageur. Il faut en effet toucher à tout sur un bateau, non seulement la navigation, mais aussi savoir entretenir la mécanique du bateau, le guindeau de l'ancre, l'évacuation des eaux usées, les voiles, la coque, l'outillage de navigation tel que le gps, le pilote ou tout simplement le moteur. il faut être rigoureux et écrire à chaque déplacement du bateau un résumé sur le carnet de bord, sorte de boite noire du voilier. il faut aussi penser à l'énergie produite et consommée. Dans le cas de Mandragore, c'est le moteur qui produit tout. Laurent et Hélène n’ont pas d’éolienne, ni panneau solaire, seule un petit panneau qui maintient la charge, mais ne peut recharger les batteries. Ils comptent s’équiper sur Saint-Martin où les tarifs sont parait-il plus intéressants. Le navire est aujourd’hui indépendant en énergie, ce qui est très intéressant mais un minimum contraignant. Il faut aussi penser au ravitaillement en eau potable, en nourriture, en gasoil... C'est donc aussi une projection dans l'espace qui nous force à l'auto-gestion et à la responsabilisation de notre consommation. Un bateau, c'est donc une maison sur l'eau qui fait de vous un navigateur explorateur, un bricoleur, cuisinier et couturier ! Et le temps sur l'eau produit un drôle d'effet de retour à l'intérieur aussi, comme si l'élément liquide possédait réellement des qualités de connexion aux émotions, à des pensées rêveuses ou constructives. Même si le temps passe vite, une foule de choses se passe en nous alors que nous regardons le mouvement du voilier sur l'eau, les voiles qui se tendent sur le ciel... Le regard qui s'use parfois à scruter la mer à la recherche de ces dauphins tant attendus ! C'est fou d'ailleurs ce que l'esprit peut inventer comme visions folles lors de ces heures passées à rêver sur la crête des vagues… Je suis bercée par mes lectures, suis tour à tour exploratrice et navigatrice invétérée aux cotés de Moitessier dans « La Longue Route », puis vit au temps des grandes batailles navales et tremble sur le pont du trois mâts de « Bolitho », héros d’Alexender Kent, lorsque l'ennemi s'approche et que le combat devient inévitable. Ce voyage dans l'espace se transforme parfois en voyage dans le temps et double encore une fois d'une autre consistance cette expérience sur l'eau.
Retour sur nos aventures. nous avons donc trouvé un mouillage sûr pour Mandragore, et avons assisté, impuissants, aux déferlements des vagues sur la côte ouest de la Martinique, là où les ports de plaisance sont installés et où les pontons se sont faits dévastés. Tristesse de voir ces quelques bateaux balayés par la houle venir s'échouer sur le rivage, et en même temps, spectacle effrayant et captivant de la mer qui se déchaîne. C'était d'ailleurs curieux car il n'y avait pas du tout de vent alors que la mer à nos pieds vomissait tonnes d'embruns et déchets sous marins. Il a beaucoup plu ce jour là, et nous avions justement décidé de louer une voiture pour visiter le nord de la Martinique, que je ne connaissais toujours pas. Bon, la Martinique sous la pluie ne me laisse pas de souvenirs extraordinaires. Nous décidons au retour de passer à Fort-de-France, sa capitale. Il est 18 heures et la ville est déserte, pas un chat, ni souris d'ailleurs. Quelle déception, nous qui voulions danser ! Le hasard de nos pas nous conduit au front de mer, et là un spectacle magnifique nous attend. Le remblai, espace mangé sur la mer, a été agrandi peu de temps auparavant, et une zone de 5 mètres de large borde l'accès à la mer sur laquelle des bouches d'aération sont plantées tout les 3 mètres. Dessous c'est la mer. Elle s'énerve de plus en plus d'ailleurs, et nous envoie son mépris par de puissantes vagues. Il fait nuit et l'effet est d'autant plus saisissant, car les trous percés dans le sol, avec la pression des vagues qui se jettent contre le rivage, nous permettent en quelques sortes d'écouter la voix de la mer. C'est une sorte de respiration, rythmée par le va et vient de la houle, parfois des plaintes aigues ou lugubres, mais toujours une voix qui semble venue d'ailleurs, de très très loin. Nous sommes nombreux à assister à ce spectacle et à le commenter, car il est rare et d'importance en effet ! Nous assistons, émerveillés, à une symphonie de voix et de trompettes venues directement des profondeurs des océans. Une vraie cathédrale d'eau. Moments magiques d'osmose avec l'élément liquide, concert de tempête, aspirations, expirations, éclaboussures et mugissements.......... et la tempête finit par passer.
Et nous reprenons la mer, enfin! La Dominique est en face de nous, à une journée de mer. la navigation est excellente, le soleil clair et brillant et le vent souffle bien, même si un bateau nous fait l'affront de nous doubler. Il doit être plus léger, sûr, ou peut être au moteur qui sait... Ces skippers payés par les agences ne regardent pas aux dépenses en gasoil, c'est bien connu (!...)… Combien d'heures passées à regarder la mer ? A rêver, s'envoler, s'imbiber de ce paysage mouvant où les nuages répondent à la mer et changent constamment de formes. Deux ailerons passent à quelques mètres mais ne daignent pas s'approcher… Tant pis, la rencontre avec ces cétacés sera pour une prochaine fois… Nous passons deux jours et trois nuits en Dominique, où il nous est bien difficile de trouver un ponton encore entier (on en trouve pas d'ailleurs). La Dominique est donc située entre la Martinique, au sud, et la Guadeloupe au nord. Elle se sent un peu laissée pour compte avec ses voisins bien développés qui bénéficient d'une aide extérieure française. Elle a peu de plages, et se dresse tout de suite en hautes montagnes alors qu'à 50 mètres du rivage, les fonds sont déjà à 200 mètres (plus ou moins). Très tropicale, elle est couverte d'une végétation touffue et luxuriante de forêt tropicale et 365 cours d'eau la parcourent. Encore protégée du tourisme de masse, ses espaces sont vierges, la population, black, parle anglais et on y trouve beaucoup de rastas à l'accent traînant. Peu de passages, donc beaucoup d'empressements de la part des locaux qui nous nous courent après pour nous faire visiter l'ile et que nous usions de leurs services plutôt que ceux du voisin. Nous nous retrouvons le premier soir à manger dehors, près du feu, un risotto fort goûtu, cuisiné par deux rastas défoncés, mais sympathiques. Le lendemain, on craque pour un tour à 80 euros la journée pour nous trois (gloup, quand même !), et partons à la découverte de l'ile. Le guide très sympa, nous fait la totale et zélé, s'arrête même plusieurs fois sur le bord de la route pour nous faire découvrir telle ou telle plante. C'est beau la Dominique, et sauvage en plus. C'est comme un bout de forêt planté sur l'eau, avec des hauteurs au milieu en plus. Retour au bateau, baignade, repos. Le lendemain, nous allons faire un tour à la Rivière Indienne, appelée ainsi parce que les indiens caraibes y vivaient et péchaient je suppose. Guidés par Friday, connaissance d'Hélène, le tour est sympa et ponctué de rires. C'est amusant d'ailleurs de constater les noms employés sur cette île, un certain manque d'imagination peut être ? Déjà que la Dominique s'appelle ainsi parce qu'elle fut découverte un jour dominicale... La dernière soirée, nous rencontrons un couple de français exilés par ici, et ils nous invitent à aller manger et se doucher chez eux. Sympa! après un petit déjeuner à l'aube avec la petite famille venue nous visiter, nous faisons cap vers les Saintes, premier archipel dépendant de la Guadeloupe. Mouillage très prisé parait-il des plaisanciers des Antilles, le lieu est en effet agréable avec son petit port, ses pêcheurs et son ambiance nonchalante. Nous partons à la découverte de ses plages et le temps défile sans que l'on puisse l'arrêter. Nous sommes le 22 octobre, et la maman de Laurent arrive dans deux jours. C'est déjà la fin de mon séjour sur Mandragore, et il a un goût de trop peu ! Une dernière navigation ensemble, sous un soleil radieux qui finit bien proprement de m'imprimer des marques sévères de maillot, sur ma peau qui semble ainsi me rappeler le temps passé ici sur l'eau. La dernière soirée tombe à l'eau (nous voulions sortir) car le moteur de l'annexe ne marche plus et nous sommes trop loin de la côte. Qu'à cela ne tienne, les étoiles nous tiennent compagnie, nous parlant de milles histoires et légendes, scintillant d'une lumière particulière pour ce dernier soir sur l'eau… Le temps d’une visite à Pointe à Pitre, quelques pas de repérages sur la terre, Laurent et Hélène sont déjà partis de leur côté et moi du mien, avec Alex, qui sera mon hôte pendant quelques jours... et seule de nouveau... Je profite savoureusement de mes derniers moments sur les plages paradisiaques de la Guadeloupe, méditant sur les beaux souvenirs de ce formidable voyage.......................... Seule, de nouveau, mais avec de nombreuses pages blanches, qu'il m'appartient de remplir, de la forme qu'il me plaira !