Le voyage de Mandragore autour du Monde...

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Chapitre 26 : 25 octobre – 16 novembre : Guadeloupe, Les Saintes, Marie-Galante, Antigua

 

Les légendes sous les photos vous ont apparemment bien plu sur le dernier carnet de bord. Nous renouvelons donc la formule… Suit ensuite notre carnet de bord, écrit le 16 novembre dernier en mer, alors que nous quittions notre dernier mouillage dans le nord de la Guadeloupe. Il relate nos pérégrinations maritimes en Guadeloupe et ses îles environnantes Marie-Galante, Les Saintes, ainsi qu’Antigua, une île un peu plus au nord. Puis mi-novembre, au-revoir la Guadeloupe, on continue notre remontée des Caraïbes, tout d’abord St Barth quelques jours (on vous racontera tout ça dans notre prochain carnet…), puis St Martin d’où nous vous écrivons actuellement. On repart ce soir vers les iles vierges, puis Haiti en vue d’atteindre Cuba vers le 10 décembre. Quentin, un ami de Laurent viendra nous rejoindre pour une quinzaine de jours. Nous passerons donc les fêtes de fin d’année sur les terres cubaines… Cette fin d’année approche… Déjà… J’imagine les rues et les églises déjà décorées de mille guirlandes lumineuses à l’approche des fêtes de Noël… Une pensée aussi pour le Salon Nautique début décembre à Paris, un défilé « Voiles et Voilages » aura lieu sur le stand de la Région des Pays de la Loire et de nombreuses animations sur le stand de Noirmoutier et de la Vendée. Nous penserons bien a vous, vous nous raconterez ! Une pensée pour chacun de vous, où que vous soyez, portez vous bien, que vos projets se réalisent comme vous le souhaitez. Cela m’évoque une petite citation d’Olivier Wendell Holmes : « L’essentiel, en ce monde, n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous marchons ! »…

A bientôt par mail ! Vous pouvez continuer de nous écrire sur notre adresse mail à bord (tout en mettant nos adresses yahoo en copie, notamment pour les pièces jointes).

 

Laurent, Hélène et... Mandragore !

 

 

Sur la partie Grande-Terre de la Guadeloupe, la pointe des Chateaux à son extrême est, la pointe de la Vigie au nord, les magnifiques plages de Sainte Anne, Pointe-à-Pitre, son marché…

 

 

Du pain aux noix tout chaud cuit sur le bateau pour notre petit-déjeuner… Pour l’iguane, évidemment on n’en a pas mangé. Mais alors que nous déjeunions dans un petit restaurant, un couple d’iguanes peu farouches, s’est quasiment invité à notre table !

 

 

L’île de Marie-Galante… 

 

 

Les Saintes… La première photo est prise depuis le Fort Napoléon, y reconnaissez-vous Mandragore parmi les bateaux mouillés sur la première photo ?

 

 

 

L’île d’Antigua, de jolies plages, mais des paysages dans l’ensemble beaucoup plus secs que ses voisines plus au sud. Le centre-ville de Saint Georges, les enfants sortant de l’école en uniforme (comme dans toute les îles de culture anglaise). Des paquebots déversant les touristes (principalement américains) par milliers, le marché et la rencontre (sur la dernière photo) d’un cuisinier bien sympathique travaillant à côté de la station de bus. Le chauffeur n’est pas là, on attend un peu plus d’une heure, mais cela nous permet d’en apprendre davantage sur la cuisine antillaise. On le voit ici râper l’intérieur de sa noix de coco, il en séparera ensuite la pulpe du lait.

 

 

 

Retour en Guadeloupe. Découverte de Basse-Terre, la partie ouest du « papillon » guadeloupéen. Notre mouillage à Deshaies… et nos retrouvailles de Claire, Jérôme et Enzo (nous les avions rencontrés sur Catafjord avec Domi et Malou aux Canaries, retrouvé au Brésil. Ils travaillent à présent quelques temps en Guadeloupe).

 

 

Balades en forêts autour de la Soufrière et des chutes du Carbet…

 

 

Nous rencontrons Micheline près de Petit-Bourg. Elle prépare quotidiennement des galettes de tapioca, appelées plus familièrement kassav, que l’on peut fourrer avec des produits salés ou sucrés selon ses envies. Un délice… Il faut faire cuire du manioc, qui devient une sorte de pâte humide que l’on fait sécher, puis que l’on tamise. Au bout d’une semaine pour tout ce travail, on peut étaler la poudre blanche sur une plaque brûlante, fourrer l’intérieur et mmmh déguster ! Nous avions déjà goûté au Brésil, mais on demeurait bien intrigué par la méthode de fabrication.

 

 

 

Nous retrouvons Micheline le lendemain dans une toute autre tenue ! Ce soir, c’est le FESKAD, le festival annuel de kadri, où les différentes académies de danses traditionnelles offrent un spectacle au public.

 

 

La Soufrière, volcan toujours en activité. Les quelques heures de grimpette en valent la peine. Le spectacle de la marmite de souffre à son sommet est impressionnant !

 

 

Quelques photos de près… La nature est belle, n’est-ce pas !...

 

 

 

Et pour finir, un coucher de soleil sur les Antilles… et le matériel indispensable du bon baigneur : un chapeau, des lunettes de soleil, quelques chocos pour le goûter, un tuba... et le masque me direz-vous ? Laurent l’utilise, il est à l’eau !

 

 

Dimanche 16 novembre, nous avions prévu de partir hier de Deshaies en Guadeloupe, mais les grains et les rafales de vent même à notre mouillage nous refroidissent un peu. Ce matin, autant de vent, mais un ciel plus ensoleillé. 8h30, nous partons avec deux ris dans la grand-voile, génois roulé à 50%, 30 nœuds de vent, une houle de 2 mètres 50, 3 mètres. Rapidement on enroule davantage le génois. Le chant du vent dans les voiles est puissant. La mer moutonne, certaines vagues plus hardies que d’autres recouvrent le pont, son barreur ou sa barreuse par la même occasion ! Mais Mandragore poursuit sa route, il fend la houle, avance au vent de travers à 8 nœuds de moyenne, cap Nord-Nord Ouest vers Saint-Barthélémy. 114 miles nous séparent de Gustavia, son port principal, soit une quinzaine d’heures de navigation à priori. « Si ça continue comme ça, on ne va pas beaucoup dormir cette nuit… » murmure Laurent. Nos veilles risquent de ne pas être de tout repos. Pour l’instant, nous préférons barrer nous-mêmes pour préserver notre régulateur d’allure. Le vent et la mer devraient se calmer un peu. Laurent est en ce moment à la barre, j’écris cramponnée dans le cockpit, les pieds calés contre l’hiloire bâbord. Heureusement ni l’un, ni l’autre n’avons le mal de mer. Néanmoins ce n’est pas aujourd’hui qu’on se lancera dans de grandes préparations culinaires. Lorsque la houle est forte, il vaut mieux éviter de rester trop longtemps à l’intérieur, c’est propice aux hauts de cœur. Voir les vagues bouger avec soi permet d’adapter plus facilement son corps aux éléments. Un dernier regard vers la poupe. La côte montagneuse guadeloupéenne s’efface peu à peu de notre regard. Avant qu’elle ne disparaisse complètement, je me presse de vous conter les trois dernières semaines que nous y avons passées…

 

            Samedi 25 octobre, nous atteignons Pointe-à-Pitre. Au programme de demain matin, une grande balade sur Grande Terre, l’aile plate du « papillon ». La Guadeloupe est ainsi surnommée car ses terres vues du ciel ressemblent tout simplement aux deux ailes d’un papillon : Grande-Terre à l’est, un vaste plateau calcaire aux formes vallonnées, et Basse-Terre à l’ouest, constituée pour sa majeure partie d’un massif montagneux et volcanique, couvert d’une abondante végétation. Nous longeons la côte par la route littorale. Premier arrêt à Ste Anne et son marché, puis St François et la Pointe des Châteaux à l’extrême-est, énorme éperon de falaises abruptes qui affronte la houle atlantique. Etonnant ! C’est aussi là que nous allons goûter notre premier sorbet coco… mmh… Beaucoup d’autres suivront… Cette préparation délicieuse est préparée dans des sorbetières en bois, conservée en actionnant régulièrement une manivelle pour la mélanger et la maintenir au froid. Nous continuons vers le nord, le Moule, l’Anse à la barque… La côte au vent est assez austère, parsemée de sites sauvages comme la Porte de l’Enfer, où des trains de vagues s’engouffrent dans un fracas de tous les diables… En empruntant un sentier menant à l’extrémité des falaises, la vue depuis la Pointe de la Vigie est impressionnante.

Ce matin, petit tour au marché de Pointe-à-Pitre, mais au lieu d’y aller à pied ou en bus, nous venons quasiment juste devant en bateau ! Avec notre annexe, nous pouvons accoster au cœur même de la ville, dans le bassin de la Darse qui touche l’une des places principales du centre-ville, la Place de la Victoire. Au marché on en profite pour faire le plein de fruits et légumes, notamment ceux dont on n’a pas l’habitude de cuisiner en métropole : cristophine, arbre à pain, banane plantain, corossol, pomme cannelle, igname et patate douce… On nous demande souvent : Que mangez-vous en mer ? Péchez-vous ? Comment faites-vous sans frigo ? On cuisine tout simplement autrement, mais on cuisine de tout. Pour les fruits, légumes et autres matières premières, on fait nos réserves à terre. Pour la viande, lorsque l’on tombe sur une offre intéressante, on l’achète en quantité suffisante pour remplir une cocotte minute de bocaux que nous cuisinons et mettons ensuite à stériliser une bonne heure. Ces bocaux ainsi préparés peuvent se conserver des mois à température ambiante. Pour le poisson, la pêche… Lorsque les conditions de mer le permettent on laisse filer une traîne derrière le bateau. Mais les résultats de ces derniers temps ne sont pas très convaincants. On en a plus acheté que pêché… Cela vient-il de notre matériel ? de la zone ? du pêcheur ? De toute façon, aujourd’hui la question ne se pose pas, le bateau fougueux avance trop vite pour mettre la traîne. C’est déjà assez périlleux d’écrire… Je vais d’ailleurs m’arrêter là, et vous retrouverai tout à l’heure pendant mon quart de nuit.

 

            21 heures, la lune est belle, bien ronde, bien claire. Je reprends la même position que tout à l’heure, mon cahier sur les genoux, mais cette fois je guide ma plume à la lumière rouge de ma lampe frontale. Avec toujours deux ris dans la grand voile, et le génois roulé de moitié, nous poursuivons notre route à 7 nœuds de moyenne. Hercule, le régulateur d’allure, nous remplace à la barre. Touchons du bois, cette dernière version du constructeur fonctionne bien. Naviguer sous régulateur est plus complexe que sous pilote électrique : si le vent tourne, baisse, forcit, le cap du bateau se modifie aussi. Il faut donc surveiller, mais le gros intérêt de ce matériel est qu’il n’a pas besoin de l’énergie des batteries, le vent lui suffit. 7 nœuds, c’est bien, mais pour le coup nous arriverons trop tôt ! Généralement on préfère arriver de jour dans un lieu qu’on ne connait pas, surtout que de nombreux ilets et autres dangers isolés précèdent l’accès au chenal. Mais la lune est claire et d’après les cartes les bouées sont bien signalées. Nous verrons si nous attendrons à la cape le lever du jour. Laurent est censé essayer de dormir un peu, mais le voilà de nouveau sur le pont, trop soucieux par la navigation pour trouver le sommeil sûrement ! Mais tout va bien, Mandragore poursuit sa course. J’ai un peu de temps pour poursuivre mon récit interrompu tout à l’heure. Ou en étais-je ?...

 

Lundi 27 je crois… Nous changeons de mouillage et nous posons à Saint-Anne, juste devant le Club Med. Merc chaude, sable blanc, cocotiers, jolie plage ! Nous partons le lendemain midi à Marie-Galante. Petite navigation qui nous fera arriver en fin de journée à Port-Louis, mais vers 15 heures, un gros grain orageux nous surprend, qui plus est la poulie d’écoute de grand voile lâche... La baume me tombe sur la tête, mais rien de grave, je m’en tire juste avec un bon bleu sur le haut du crâne ! On répare de manière provisoire en remplaçant cette poulie par celle de l’artimon. Nous arrivons finalement comme prévu juste pour le coucher du soleil… Il n’y a pas que le soleil qui semble se coucher tôt, pas un chat à terre, les rues de Port-Louis sont bien endormies… On en fait de même, il fera jour demain ! Trois communes principales se partagent le territoire, Grand-Bourg, Capesterre et Saint-Louis. Cette grande galette de 160 km², est souvent appelée « l’île aux cent moulins ». Il en subsiste 70 plus ou moins en ruines, mais la culture de la canne à sucre, a fortiori la fabrication de sucre, de sirop de batterie, et de rhum, demeure une activité importante de l’île. Avant de vous emmener sur une autre destination, on se doit de mentionner notre coup de cœur tout particulier pour la beauté d’une de ses plages, celle près de Capesterre au sud-est de l’île, la plage de la Feuillère…

Nouvel embarquement ! Nous changeons d’île, nous allons mouiller à quelques heures de là sur une autre dépendance de la Guadeloupe, l’archipel des Saintes. Ce micro-archipel mesurant pourtant moins de 15 km², se compose de deux îles principales habitées, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, trois plus petites, et de nombreux ilets. A la différence de sa consœur Marie-Galante, les Saintes vivent principalement du tourisme, mais l’île n’en demeure pas moins charmante. A pied ou à scooter, nous avons tous les trois beaucoup apprécié notre passage aux Saintes, de jolies plages, de belles balades à pied, un centre-ville agréable... Au sommet du morne Mire, le fort Napoléon offre une très belle vue sur la baie. Parait-il que l’Anse du Bourg (celle où Mandragore est mouillé) pourrait s’enorgueillir d’être classée troisième plus belle baie du Monde après Rio au Brésil et la baie d’Along au Vietnam ! Le Fort Napoléon fut construit par l’empereur du même nom, mais il n’a jamais servi en tant que fort et Napoléon n’y a même jamais mis les pieds ! Il servit de garnison, puis de prison pendant la 2ème Guerre Mondiale. Aujourd’hui il abrite un musée de la marine très intéressant qui retrace l’histoire des Saintes, et plus généralement l’histoire des îles antillaises. Laurent, qui est en ce moment en pleine lecture des récits de combats navals aux Antilles racontés par Alexander Kent, est d’autant plus sensible aux archives, photos et maquettes exposées. Mais en résumé, l’histoire des différentes îles antillaises se ressemble, une population d’origine amérindienne, chassée et exploitée par l’arrivée des colons européens. Des îles découvertes par Christophe Colomb et autres grands navigateurs de la même époque, espagnols, français, anglais... S’en suivent des batailles entre puissances européennes pour le partage des îles, d’où les nombreux combats navals dans la région. Les fonds sous-marins aux abords des îles sont depuis truffés d’épaves et de trésors enfouis à jamais… Alors que nous rentrons vers le bateau, Laurent reconnait au mouillage « Calmis », l’ancien bateau d’un couple d’amis voileux rencontrés en Martinique, Eric et Simone. Ce bateau a la particularité d’être un ancien bateau de pêche, adapté par la suite à la plaisance. Mais il conserve son moteur d’origine avec démarrage à air comprimé ! Construit en 1907 aux Sables d’Olonne, il a roulé sa bosse comme chalutier sur la côte atlantique. Eric a passé toute son enfance à bord, et vers 30 ans, il est parti avec sa douce traverser l’Atlantique à bord de son bon vieux Calmis ! Navigation réussie sans souci. Aujourd’hui Eric et Simone souhaitent continuer leur circumnavigation et rejoindre l’Australie où la famille de Simone habite. Ils ont donc changé de bateau et transmis le relai à Jean-Marie, le nouveau propriétaire. On se donne rendez-vous pour un barbecue le lendemain midi à bord de Calmis. Longues discussions avec Jean-Marie, l’après-midi est déjà presque passée lorsque nous nous séparons !

On reprend la mer direction Antigua. Nous contournons la Guadeloupe par sa côte ouest. Petite escale à l’îlet Pigeon, le temps d’une belle plongée en masque et tuba et d’une petite nuit… car le lendemain alors que le jour commence à peine à poindre, nous relevons l’ancre. Cap au Nord !

Antigua… Que dire d’Antigua ? Nos impressions sont un peu mitigées. Nous sommes ravis d’y être allés, nous y gardons d’excellents souvenirs, certaines plages et criques sont magnifiques (comme Half Moon Bay), mais s’il fallait faire un classement, elle ne ferait pas partie de nos favorites. Ceux qui veulent faire le tour de l’île à un prix raisonnable comme nous, ne pourront pas aller bien loin. Evidemment, si vous êtes en bateau, vous mouillerez à English Harbour, ce port étant un très bon abri, notamment en cas de cyclone. Mais de là, pour bouger ailleurs sur l’île en bus, soyez assez patients, car il vous faudra toujours repasser par St John, la ville principale. Et oubliez l’option location d’une voiture ou d’un scooter, c’est hors de prix. Idem pour les courses de fruits et légumes au marché… Quasiment tout est importé de Dominique, je vous laisse donc imaginer. Sur le port des paquebots déversent des touristes par milliers, principalement américains. Non loin de là, des cabanes « spéciales touristes » proposent des souvenirs en tout genre. Bizarrement, tous les prix sont écrits en dollars américains alors que la monnaie nationale est l’EC, le dollar caraïbe. En effet m’explique une vendeuse, les locaux ne viennent pas ici, et les touristes sont quasiment tous américains… alors… alors il n’en demeure pas moins que c’est étrange de voir les tarifs dans une monnaie différente que la monnaie utilisée par la population locale. Mais dès que l’on rentre davantage dans le centre-ville, cela est fini. Etant à quelques jours de l’élection américaine, de nombreuses affiches collées sur les murs arborent « Antigua for Obama, President of America ». Aujourd’hui indépendante, l’île fut découverte comme beaucoup d’autres par Christophe Colomb. La couronne espagnole l’abandonna vue sa sécheresse, mais elle fut récupérée par les anglais (les français ne l’ont occupée qu’une seule année). Les colons anglais y ont alors développé l’exploitation de la canne à sucre. Pour se faire, ils ont fait venir de nombreux esclaves africains, ce qui a rapidement influencé la répartition ethnique de l’île. Aujourd’hui plus de 95% de la population est d’origine africaine.

            Nous aurions aimé monter plus haut, pousser jusque Saint-Barthélémy, mais les jours filent trop vite… Nous redescendons en Guadeloupe en vue de nous consacrer à la découverte de l’aile ouest du papillon, Basse-Terre, son volcan la Soufrière et ses environs. Ce volcan, toujours actif, est le point culminant des Petites Antilles à 1467 mètres (Comme le reste des Antilles, la Guadeloupe constitue la partie émergée d’une chaîne montagneuse sous-marine, née de la rencontre des plaques tectoniques atlantique et caraïbe, il y a 55 millions d’années). Après 120 ans d’inactivité, le volcan de la Soufrière connut un réveil brutal en 1956. Mais cette éruption ne fut rien comparée à celle de 1976. En quelques heures, les villages de Matouba et Saint-Claude furent en partie ensevelis. Désormais un observatoire volcanologique surveille son activité constamment. Le spectacle de fumerolles de soufre et de marmite bouillonnante à son sommet valent bien les efforts de la marche qui précède, même ceux du dernier tronçon plus raide. Petit conseil si vous vous y rendez et que le temps le permet, chut, c’est entre nous… c’est normalement interdit… Passez sur le côté de la barrière où un panneau mentionne « accès interdit », vous accéderez à la partie la plus active du volcan. Le spectacle visuel et sonore est détonant ! Mais on ne peut y rester longtemps. Les nappes de fumées aux odeurs d’ammoniac et de soufre deviennent rapidement handicapantes. Au retour de notre marche, nous profitons d’un témoin de cette activité magmatique, un bain dans une source d’eau chaude, comme on peut en trouver de nombreuses autres dans ces régions volcaniques. Certaines restent naturelles, d’autres sont aménagées pour les visiteurs. Nous profitons de ces derniers jours sur Basse-Terre pour se faire de belles balades en forêts, se baigner parmi les nombreuses cascades de l’île. L’un de nos souvenirs marquants sera aussi la rencontre de Micheline à Petit-Bourg. Habillée de noir, une longue jupe et un tablier, les cheveux tirés, nous faisons sa connaissance dans sa petite fabrique de kassav (elle prépare et vend des galettes de tapioca fourrées d’une délicieuse préparation mêlant coco, sucre et amande amère…). Le lendemain, nous la retrouvons dans une toute autre tenue. Maquillée, coiffée et habillée d’une robe colorée, la robe traditionnelle antillaise, elle attend son passage parmi ses amies. En effet, ce soir, c’est le festival annuel de danse de Kadri ! Chacune des académies de Kadri de l’île et même certaines de Martinique viennent faire une représentation devant le public. Cette danse fut apportée par les colons au XVIIème siècle. Les antillais y ont ajouté leurs couleurs et leurs rythmes d’inspiration africaine.

Pendant tout notre petit tour de Basse-Terre, nous restons mouillés à Deshaies au nord-ouest de l’île, mouillage bien agréable que l’on le recommande à nos lecteurs voileux. Alors que nous flânons tranquillement au bateau, qui arrive à la nage, frappant à la coque ! Jérôme (de Catafjord, la famille en catamaran que nous avons rencontrée et revue à plusieurs reprises pendant notre voyage) !! Claire, sa femme, et Enzo, leur fils de deux ans, nous rejoignent dans la foulée ! Quel plaisir de les retrouver. Après un an de navigation, ils viennent de se poser en Guadeloupe, ont tous les deux trouvé du travail dans leur branche, et surprise… Claire nous annonce que… elle est enceinte !