Le voyage de Mandragore autour du Monde...

Accueil     Carnets de bord 1 à 31     Carnets de bord 32 à ...     L'Ecole Rose des Dunes     La classe du CHU Le Mans     Photos et Vidéos     Livre d'or     Liens et sites amis     Nous contacter      
32 - Panama (carénage)
33 - Transpacifique
34 - Marquises Fatu Hiva
35 - Marquises suite
36 - Marquises Ua Pou
37 - Tuamotus
38 - Tahiti et ses îles
39 - Tahiti Moorea
40 - Tetiaroa
41 - Tahiti Moorea suite
42 - Tahiti Moorea suite2
43 - Tahiti Moorea suite3
44 - Tahiti juin-juillet
45 - Tahiti juillet 2011
46 - Tahiti sept dec2011
47 - Etats-Unis dec 2011
Chapitre 47 : Etats-Unis - Ouest américain - Décembre 2011

L'équipage au complet de Mandragore vous souhaite une belle et douce année 2012 ! une bonne santé et plein de petits et grands bonheurs au quotidien. Bonne année ! Happy New Year !

Nous voici tout juste de retour d'une petite virée en van dans la région des grands canyons américains. Au programme Los Angeles, Le Désert de Mojave, Las Vegas, Zion National Park, Bryce Canyon, Grand Canyon, la Vallée de la Mort... San Fransisco ? Pas assez de temps. La reprise du travail à Papeete nous attend. Ce sera pour une prochaine fois !


Retour sur ce petit trip dans l'Ouest américain. De grands espaces sauvages, des villes perdues au milieu de nulle part côtoyant des mégalopoles multiculturelles, des routes rectilignes sur des centaines de kilomètres, des paysages de canyons stupéfiants… l’invitation au voyage prend ici mille visages. Notre trip nous emmène sur la Californie, l’Arizona, un peu l’Utah et le Nevada.

Bryce Canion

Nous atterrissons tous les trois à Los Angeles, récupérons le van - ça nous permettra de dormir à bord, bouger de point en point comme on le souhaite, être libre -. On sort de Los Angeles, direction Nord Est, le Désert de Mojave. Malgré les méandres de voies, à notre surprise on ne se perd même pas ! Nous voici sur la route 15, c’est à présent tout droit. On ne peut plus droit ! Une grande route rectiligne qui traverse le désert. A la tombée de la nuit, on prend une petite route sur le côté. Pas une vie à la ronde, ni humaine ni animale. Dunes de sable, cônes volcaniques et arbres de Josué sont le décor de ces milliers d’hectares de désert. Un endroit parfais pour se glisser sous la couette et dormir tranquille dans notre coquille d’escargot. Les températures nous changent des températures tahitiennes... On a substitué nos tenues légères pour les gros pulls, manteaux, gants et bonnets. Paul ressemble à bibendum, mais au moins il n’a pas froid ! Laurent attrape une grippe pendant le voyage. Pour ma part, un peu enrhumée. Et pourtant Paul avec température constante de plus ou moins zéro, côtoyant nos « morpions », n’attrape rien, pas même un coulement de nez !



Nous arrivons pour le réveillon de Noël à Las Vegas. Ses casinos, ses lumières, ses tours dorées, ses machines à sous donnent l’air d’un parc d’attraction pour adultes ! En grande partie occupé par un immense désert, rude et sauvage, la majorité de la population du Nevada se concentre sur Las  Vegas. Les jeux d’argent y sont autorisés depuis 1931, et rapportent aujourd’hui près de 50% des revenus du Nevada. En espagnol, Las Vegas signifie les prairies. A l’époque de la découverte de la ville, l’eau y coule en abondance, les premières caravanes espagnoles y faisaient escale. Aujourd’hui Vegas apparaît comme un mirage incroyable au milieu du désert. La ville se compose de l’interminable Las Vegas Boulevard (le Strip), le long duquel s’échelonnent les plus invraisemblables hôtels casinos qui rivalisent d’extravagance : Le Venitian, Le Mirage, le Caesar Palace, le MGM, le Paris, le Bellagio, le Teasure Island, le Luxor, le Mandalabay... ou encore les petits derniers comme le Wynn et le Encore…

Des styles différents, mais toujours plein de machines à sous, des tables de roulettes,

poker... On ne va pas passer parLas Vegas sans laisser notre pièce évidemment ! Laurent joue un dollar dans une machine à sous et en remporte 5 ! du premier coup ! On se balade dans les allées, mais avec un

bébé on ne peut pas s’arrêter, c’est interdit par la loi. Si on s’arrête trop longtemps, un agent de sécurité nous prie de continuer. C’est bien qu’ils aient fait ça. Je trouve déjà pathétique de voir des gens passer des heures tout seul à appuyer sur un bouton devant leur machine, alors si en plus ils le faisaient accompagnés de leurs enfants… Le bruit des pièces, l’absence de fenêtres ou d’horloges, les couleurs et lumières, le décolleté des serveuses, le fait de ne jamais trouver la sortie : tout est fait pour perdre ses repères et inciter les joueurs à rester encore et encore.

 

Le soir de Noël l’ambiance est encore relativement bon enfant, mais sur notre chemin de retour du Grand Canyon, lorsqu’on s’y arrête pour le réveillon du 31 décembre, là c’est vraiment du grand n’importe quoi. Que les filles soient minces ou grosses, elles veulent s’habiller sexy, mais ça tourne souvent au provoquant voire vulgaire, des talons aiguilles et des mini-jupes plus que mini, malgré les températures approchant le zéro. On voit des gens avec des verres de plus d’1 mètre pendus autour du cou. Sur l’un deux est dessiné en haut du verre une cuvette de wc avec le commentaire « Je ne quitterai pas Las Vegas tant que ce que j’ai bu ne retourne pas dans ce trou ! ». A côté de toute cette extravagance et folie où tout est permis, on tombe sur une dizaine de manifestants avec des panneaux « Tous ceux qui s’adonnent au péché iront directement en enfer ! Faîtes confiance en Jésus ! Repentez-vous ! Jésus déteste le vice ». Les deux extrêmes de l’Amérique… A 23h30, tous les casinos ferment, tout le monde sort dans la rue, le Strip est bondé de centaines de milliers de personnes attendant le fameux feu d’artifice à minuit. Un immense cri de joie monte de la foule : Happy New Year !!!


Zion National Park, une entaille de 135 millions d’années, d’une profondeur de plus de 600 mètres, avec des teintes havane et blanche. Des montagnes aux contours déchiquetés, des stalactites suspendues le long des parois rocheuses, des canyons creusés par la Virgin River. Contrairement au Grand Canyon ou à Bryce Canyon, on arrive dans la vallée par le bas, et on grimpe ensuite pour l’admirer d’en haut. Un père et sa fille américains nous conseillent de faire le trek nommé « Angels Landing », l’atterrissage des anges… Superbe balade ! La dernière partie est plus ardue avec un bébé, mais Paul que nous portons dans son porte-bébé est un ange ! (parmi les anges !). Soit il regarde tout ce qu’il y a autour de lui, sourit aux randonneurs, ou lorsqu’il veut dormir, on le retourne ventre contre nous, et c’est parti pour une sieste bercé par nos mouvements de marche. Sur les 800 derniers mètres, le sentier n’est plus qu’une mince crête surplombant le fond du canyon. Le sommet offre une vue à 360 degrés sur l’ensemble du Zion Canyon. 



On continue vers le Nord, toujours dans l’Utah pour rejoindre Bryce Canyon. Il est l’un des plus petits parcs nationaux américains, mais aussi l’un des plus spectaculaires. Il l’est d’autant plus à cette saison où les paysages sont tout enneigés. Nous sommes à 2000 – 2700 mètres d’altitude. Bryce n’est pas un canyon à proprement parler, ses falaises abruptes se sont érodées par le temps et l’acidité des pluies pour former une dentelle de calcaire et de grès aux tons rose, orange, rouge… On s’embarque dans une balade au hasard, appelée « Sunset ». Nous marchons dans la neige le long de ces cathédrales de pierre. Des milliers de « cheminées de fée », de fragiles aiguilles de pierre pointues, nommées hoodoos, composent ces montagnes. Les indiens Paiutes voyaient dans chacune de ces colonnes un homme de légende transformé en pierre par le dieu Coyote. Les indiens ont habité la région jusqu’à l’arrivée des mormons, dans les années 1870. La conquête du continent américain a causé beaucoup de dégâts sur le peuple amérindien, qui s’est vu dépossédé de ses terres, déplacé et cloisonné dans d’immenses réserves.


Puis nous descendons en Arizona, en longeant le Grand Staircase Escalante National Monument sur le Plateau du Colorado, de belles roches avec de multiples couches de couleurs. Près de la ville de Page, petite pause au Glen Canyon et au Lac Powel, lac artificiel où s’est construit en 1957 un immense barrage qui fournit l’électricité de toute la région environnante. Haut de 500 mètres le barrage a mis 17 ans pour se remplir. Avant le coucher du soleil, on s’arrête à Horseshoe. Comme son nom l’indique, il a une forme de fer à cheval. Le Colorado fait une courbe de 180 degrés autour de la paroi rougeoyante du canyon. Paulo tout éveillé et tout heureux (comme d’habitude) fait de grands sourires à tous ceux qu’ils croisent. Il se fait même prendre en photo par des chinois !! Et ce n’est pas la première fois, ni la dernière pendant ce voyage. Les gens lui disent « Oh, he’s happy, he smiles ! » « he’s so cute ! ».


On arrive au Grand Canyon par l’entrée sud. Les paysages sont en effet impressionnants mais à la différence des autres canyons, il y règne une atmosphère trop organisée, trop cadrée, trop touristique. Les infrastructures (parkings, barrières, magasins de souvenirs…) mises en place pour accueillir les 4,5 millions de touristes par an gâchent un peu le spectacle. Et pourtant nous ne devrions pas nous plaindre puisque nous sommes en basse saison. La rive nord est semble-t-il plus sauvage, mais inaccessible en hiver pour cause de neige. Enfin, on fait abstraction de tout ça et nous en prenons néanmoins plein la vue. Le Colorado River traverse le canyon sur 450 kms, le creuse depuis 6 millions d’années et a ainsi mis au jour des roches vieilles de 2 milliards d’années, la moitié de l’âge de la Terre. 


Mais pourquoi toute cette région des grands canyons dans l’Ouest américain ? En résumé, il y a environ 80 millions d’années, la chaleur et la pression causées par deux plaques tectoniques a donné naissance à des montagnes, allant jusqu’à près de 3000 mètres au Bryce Canyon, mais s’ouvrant aussi jusque -86 mètres au plus bas de la Vallée de la Mort. La Vallée de la Mort… dernière étape dans la région des canyons avant notre retour sur Los Angeles. Son nom est sinistre et lugubre, elle le tient de par ses températures extrêmes l’été, 45-50°C, le record des Etats-Unis y a été enregistré à +56°C… Comme nous sommes en hiver, il fait une vingtaine de degrés. Il y a quelques 200 millions d’années, la vallée était une mer en bordure de la faille de San Andreas, cette fameuse  cassure de l’écorce terrestre qui fait trembler la Californie. Ce sont les divers mouvements de la Terre qui ont repoussé la mer hors de son bassin et laissé le désert. Aujourd’hui subsistent des collines de sable blond totalement vierges, des étendues salées et blanches, des montagnes, des villages fantômes, des mines abandonnées, des canyons ravinés et arides d’une beauté d’autant plus impressionnante que le soleil, selon les heures, en change les perspectives, les volumes et les couleurs. Zabriskie Point, Dante’s view, Badwater Bassin, Twenty Mule, Artist’s palette… Death Valley est une quintessence de déserts.


Ca sent la fin… on doit rentrer sur Los Angeles, notre avion est demain après-midi. On prend un peu de marge et rejoignons Los Angeles la veille, ce qui nous laisse le loisir de découvrir certains quartiers célèbres de Los Angeles : Hollywood et son fameux boulevard avec toutes les étoiles des stars gravés sur le trottoir. La tradition est encore bien vivace, puisque chaque année des étoiles sont rajoutées immortalisant les célébrités récompensées à Hollywood. Il faudra un jour agrandir le boulevard ! On s’attendait à un large boulevard type les Champs Elysées, mais il n’est pas bien long ni large ! Nous flânons de quartier en quartier : Santa Monica, Beverly Hills, Venice (un des vieux quartiers de Los Angeles), la Marina del Rey, Malibu et sa fameuse plage… Et enfin l’aéroprt… où surprise… nous retrouvons Meryl et Julien un couple d’amis de Papeete !




L'album photos complet en cliquant sur la photo ci-dessous :