Le voyage de Mandragore autour du Monde...

Accueil     Carnets de bord 1 à 31     Carnets de bord 32 à ...     L'Ecole Rose des Dunes     La classe du CHU Le Mans     Photos et Vidéos     Livre d'or     Liens et sites amis     Nous contacter      
32 - Panama (carénage)
33 - Transpacifique
34 - Marquises Fatu Hiva
35 - Marquises suite
36 - Marquises Ua Pou
37 - Tuamotus
38 - Tahiti et ses îles
39 - Tahiti Moorea
40 - Tetiaroa
41 - Tahiti Moorea suite
42 - Tahiti Moorea suite2
43 - Tahiti Moorea suite3
44 - Tahiti juin-juillet
45 - Tahiti juillet 2011
46 - Tahiti sept dec2011
47 - Etats-Unis dec 2011

Carnet de bord n°40 Tetiaroa, avril 2010

 

A peine remis de notre journée à descendre la vallée de la Papenoo en moto la veille, nous débarquons aux aurores, 6h moins 10, sur le front de mer de Papeete rejoindre le catamaran « Ti’Motu » pour une journée sur l’atoll de Tetiaroa. Sacré weekend…

 

Paul et Anne-Marie Gasparini, tourdumondistes à la voile, 200.000 miles à leur actif -soit l’équivalent de dix tours du monde en 30 ans !- offrent différentes formules de croisières, les « journées à Tetiaroa » ou les « longues croisières » découverte des îles polynésiennes. En fonction du temps dont on dispose, sur 8, 10, 20 jours, ou plus, ils proposent des navigations à la carte dans les îles sous le Vent (Bora Bora Huahine, Tahaa, Raiatea), les Tuamotu, ou un combiné des deux, et à partir de cette année les Marquises ! Ils proposent aussi des formules à la journée pour découvrir l’atoll de Tetiaroa, le seul atoll des îles du Vent, à 30 miles de Tahiti (54 kms), soit 3h45 de mer en allant à 8-9 nœuds avec leur catamaran « Ti’Motu », un Fontaine Pajot de 15 mètres. Ils disposent également d’un voilier monocoque, « L’Escapade », un beau Brise de Mer 44, de 14 mètres, bateau complètement aménagé par leurs soins il y a 15 ans à partir d’une coque nue alu en forme. Les deux bateaux naviguent, mais le plus souvent les journées et croisières se font comme aujourd’hui à bord du cata. Si souhaitez venir en Polynésie, n’hésitez pas leur écrire, les appeler, demander des infos - escapade@mail.pf, tel : (00 689) 72 85 31, site : www.escapade-voile.pf  -, ils sont super gentils, toujours accueillants, un vrai bonheur de les connaître ! Alors naviguez avec des gens comme eux, vous imaginez bien, ça se passera forcément bien !

 

Pour les journées à Tetia, Romu et Tepea sont le plus souvent le skipper et le marin. Aujourd’hui, c’est Paul et Tepea. 6h on embarque, ils nous ont préparé un bon petit-déj d’accueil. On attend les derniers retardataires, 6h30 « Ti Motu » s’écarte du quai. A peine dix minutes plus tard, un banc de dauphins nous suit et joue autour du bateau ! La journée commence bien !

 

Habitué au monocoque, Laurent navigue pour la première fois sur un catamaran ! Pourtant, en locations et charter, beaucoup de gens préfèrent le cata, parce qu’il y a plus de confort, ça ne gîte pas, il y a deux coques, etc. Les sensations sont très différentes d’un voilier comme le notre. On bénéficie aujourd’hui d’un bon petit vent, mais insuffisant pour faire toute la route à la voile en moins de 3h. Comme dirait Paul « on remet un petit coup de moulinette » !!

 

 

 

Le hasard fait parfois bien les choses… Tepea. marin de Paul, est aussi le fils de Christian Guillain, le fils de ce fameux monsieur, qui avec sa femme France dans les années 70, a  raconté dans son livre son tour du monde à la voile avec sa femme et son bébé : « Le bonheur sur la Mer », livre qui a beaucoup touché la génération de nos parents. Aujourd’hui Christian vit toujours sur Tahiti. Il est actuellement dans la rédaction d’un livre sur un tout autre sujet, la médecine par les plantes polynésiennes. Quant à Tepea, âgé aujourd’hui de 27 ans, avec son amie Vaihani, il cherche à retaper un bateau dans ses budgets, puis emmener sa p’tite femme en mer. Faitoito (bon courage) à tous les deux !

 

On papote, on papote… on ne voit pas le temps passer. 10h30 Ti’Motu s’amarre à sa bouée. L’accès sur le motu est très délicat, il n’y a aucune passe pour pénétrer. Il ne peut se faire qu’en annexe en maîtrisant bien la manœuvre, vitesse et trajectoire, pour passer par-dessus le récif, puis entre les multiples patates de corail !

 

 

Constituée d’une couronne de 13 motu, « Tetiaroa » (signifiant « qui se tient éloigné »), rappelle les paysages des Tuamotu, sable blanc, sur certaines parties sable rose, cocotiers, eaux de lagon turquoises, barrière de corail et poissons multicolores, et en plus… des milliers d’oiseaux qu’on peut approcher de très près ! Pour les poissons, pas besoin d’emmener son masque et tuba, ils ont tout prévu. Les motus dépassent rarement 3 m d'altitude, 17 mètres parait-il pour le point culminant ! Avec ou sans le cocotier ? je ne sais pas !

 

 

 

Une fois débarqués, Tepea nous propose d’aller ensemble sur l’île aux oiseaux. On traverse le lagon à pied pendant quelques minutes, de l’eau jusqu’aux hanches. A notre approche des milliers d’oiseaux, peu farouches, s’envolent, se posent. Superbe ballet ! Des noddis, des sternes, des fous, des frégates, des aigrettes… tournent autour de nous.  Sous les branchages, des parents couvent précieusement leurs futures descendances. L’œil tout de même vigilant, notre présence ne les effraie pas. 

 

 

Remarqué par les premiers explorateurs de Tahiti, l'atoll de Tetiaroa a accueilli en 1789 trois déserteurs du Bounty. Il demeurera longtemps la résidence d’été de la Reine Pomaré. Une légende raconte qu’on y enterrait les trésors royaux sous le roi Pomare 1er... En 1904, à la fin du règne de Pomare IV, la famille royale donna l'atoll à Johnston Walter Williams, consul de Grande-Bretagne, et accessoirement dentiste. Il y vécut en ermite, passant de longues années à explorer l’île, jusqu’à sa mort en 1937. C'est en 1962 au cours du tournage du film Les Révoltés du Bounty que Marlon Brando jeta son dévolu sur l’endroit. Il en fit l'acquisition trois ans plus tard auprès de la famille Williams. Il signa un bail de 99 ans avec le Gouvernement polynésien pour s’y installer. Sur l’acte de propriété est stipulé que le lagon reste «domaine public» de la Polynésie française mais les terres émergées appartiennent au nouveau propriétaire. Brando s’engage à ne pas dénaturer l’endroit, pas de construction, seulement une petite piste d’atterrissage et un hôtel rudimentaire de cinq chambres sans électricité, un filet d’eau, géré par son épouse tahitienne Tarita (qui tenait le rôle féminin principal dans «Les Révoltés du Bounty»). Il y vivra jusqu'en 1990. Quand Brando est mort, les héritiers ont remis en cause l’engagement de non construction sur l’atoll. Tout en devenant bientôt une réserve naturelle classée, la chaîne hôtelière Beachcomber (Intercontinental) a obtenu de la famille qu’elle construise à la place du petit hôtel de Brando un hôtel de luxe avec bungalows sur pilotis. L’hôtel assure que l’équilibre écologique sera totalement préservé, pourtant j’ai dû mal à concevoir comment réserve naturelle et hôtel peuvent s’harmoniser… Surtout qu’il s’agira d’un hôtel haute gamme, donc nécessitant forcément clim, piscine, eau fraiche, générateurs… L’hôtel a déjà obtenu l'autorisation d'effectuer de lourds travaux sur la barrière du récif, notamment un quai, []afin d'aménager les installations futures. Affaire à suivre dans les prochains mois… Quoi qu’il en soit, la construction de l’hôtel sera sur le motu Onetahi, donc différent de ceux sur lesquels Paul et Anne-Marie vont avec leur cata « Ti’Motu », tout au sud : Rimatuu et sa réserve ornithologique sur le petit motu juste en face. Grâce à eux, on pourra continuer de visiter Tetiaroa comme un petit coin de paradis accessible à tous !

 

 

15h30, après un bon déjeuner à bord, préparé par Paul, Ti’Motu reprend la mer direction Papeete. Bonnes conditions de mer, comme à l’aller. Ils ont même prévu fruits, boissons fraîches, et petits gâteaux pour agrémenter le trajet et l’escale à terre. Nous atteignons le port de Papeete vers 18h30, ravis de cette journée passée à flâner, se reposer, observer, prendre des photos, nager… En résumé en prendre plein la vue et garder des images de cartes postales plein la tête. Pour tous ceux qui viennent découvrir la Polynésie, de passage ou qui y habitent, je vous conseille vivement de découvrir Tetiaroa, et tout particulièrement sur le catamaran « Ti’Motu » de Paul et Anne-Marie, société l’Escapade !