Mis à part les petites nouvelles lors du cyclone Oli, cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit de carnet de bord… Travail oblige… mes temps libres pour écrire sont forcément beaucoup plus courts… En fin d’année dernière, nous avons décidé de nous poser en Polynésie. Et visiblement, la Polynésie a bien voulu de nous, puisque nous avons tous les deux trouvé du travail sur Tahiti, qui plus est, du boulot qui nous plait. (cf. paragraphe 1) Après une saison des pluies assez virulente cette année, entre cyclone, tsunami, et inondations, (cf. paragraphe 2) on commence à voir doucement la belle saison se réinstaller pour de bon. Ce qui n’est pas pour déplaire à nos amis, anciens propriétaires de Mandragore, venus nous voir quelques semaines sur Tahiti. En marchant, en courant, en moto, en voiture, en bateau… on profite aussi de nos week-ends pour découvrir davantage les petites merveilles de l’île et de son île voisine Moorea. (cf. paragraphe 3 et 4).
1. Du travail sur Tahiti
Après un boulot dans la régénération de batteries, Laurent travaille depuis février comme responsable des opérations portuaires de la société de Fret CMA CGM, il s’occupe de six cargos qui font du transport de marchandises autour du Monde. Laurent doit gérer leur escale à Papeete, l'organisation des chargements et déchargements des conteners et les problèmes éventuels des bateaux. Le boulot lui plait bien, il est ravi. .JPG)
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Pour ma part, je bosse comme chargée de projets dans l'agence de com « Cyclone ». Les projets sont diversifiés et intéressants, comme la réalisation mensuelle d’un magazine (il est également en ligne sur www.big-ce.pf/calinews.pf ), l’organisation d’événements (le Salon de la Femme et de l'Enfant), des projets pubs et communication pour des entreprises ou institutions, etc… (www.agencecyclone-tahiti.pf)
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2. Cyclone, tsunami, inondations… Une Polynésie bien gâtée cette année
Je parle de « cyclone » au travers de l’agence (son slogan « l’agence qui va vous taper dans l’œil » !), mais un cyclone… un « pour de vrai »… on en a vécu un… cette fameuse nuit du 4 au 5 février 2010... Le matin du cyclone, alors qu’on se préparait à son arrivée sur Tahiti, j’écrivais dans mon carnet : « "Oli" est en train de passer sur la Polynésie. On écoute la radio 24h sur 24. Sur RFO, l’info est actualisée en continu. Pour l'instant, l'œil est près de Bora Bora, il a visiblement fait pas mal de dégâts là-bas, il poursuit sa route, et atteindra Tahiti entre ce soir et demain matin. L’alerte rouge est donnée sur toute la Polynésie, plus d’école, entreprises fermées, circulation interdite. On a choisi de rester sur notre corps mort près de la marina Taina à Punaauia, il est normalement bien solide. Un bateau a côté de nous vient de partir, on en a profité pour s'amarrer au sien en plus de celui que Paul, un ami, nous a prêté. On pense que c’est la meilleure solution, on a préparé au maximum, enlevé tout fardage, génois, grand voile. Il ne nous reste plus qu'à serrer les fesses et attendre que ça passe... »
Finalement, Oli est passé à 300 kms au sud de Tahiti, ça ne parait pas beaucoup, mais suffisamment pour diminuer l’intensité des vents. De plus, nous étions bien protégés des vents de nord, et bien amarrés. La nuit fut longue, évidemment on n’a pas fermé l’œil de la nuit, mais on s’attendait à pire. Je n’ai simplement pas pu aller au boulot pendant deux jours, car l'agence ou je travaille étant dans la montagne et bien exposée aux vents a eu quelques dégâts, arbres tombés, tuiles... mais rien de grave, juste un peu de temps pour remettre en état. L'île la plus touchée de Polynésie française fut Tubuaï aux Australes, car l'oeil du cyclone est passé juste au dessus d'eux. Des centaines de maisons, bâtiments, routes… sont à refaire…
Pour aider à la reconstruction et récolter des fonds de nombreuses actions ont été organisées, notamment un concert très sympa, dans le centre de Papeete, auquel nous sommes allés. Il rassemblait une centaine d’artistes et danseurs de Polynésie. Superbe !
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3. Petites virées dans les terres sur Tahiti (cf photos chap 39-1)_redimensionner_redimensionner_redimensionner.jpg)
Travailler à Tahiti, c’est aussi l’occasion de bien profiter de l’intérieur des terres, tous ces endroits qu’on n’a souvent pas le temps de faire en tant que touriste, parce que le séjour en Polynésie est trop court, parce qu’il faut choisir… et pourtant l’île de Tahiti regorge de petites merveilles !!! La vallée de la Papenoo, les lavatubes, l’ascension de l’Aorai, le Mont Marau, la vallée de la Fataua, Tahiti Iti, le plateau de Taravao, le fameux spot de surf Teahupoo… et ce ne sont que quelques exemples...
Son relief volcanique, culminant à 2441 mètres, est le reliquat de l’éruption de trois volcans, aujourd’hui tous éteints : celui de l’île principale, Tahiti Nui (Grand Tahiti), celui resté en partie sous-marin, coincé entre les deux autres, formant l’isthme et le plateau de Taravao, et celui de la presqu’île, Tahiti Iti (Petit Tahiti). Tahiti est la plus jeune des îles habitées de Polynésie Française. Bon, ça veut dire tout de même entre 400 000 et 800 000 ans, mais pour ses grandes sœurs Bora Bora, Maupiti, Huahine, Tahaa et Raiatea elles remonteraient à 1,5 millions d’années.
Sur Tahiti Iti, nous rejoignons Sylvie et Jean-Pierre, Nadine et Serge, à la pension « Bonjouir », près de Teahupoo. La route s’arrêtant, on rejoint la pension en bateau moteur. Point de départ d’une belle rando jusqu’à une cascade et une vasque d’où l’on peut se baigner, le bungalow est entouré d’arbres fruitiers locaux. Seuls visiteurs : les chevaux qui tendent le cou pour chiper à manger sur la table par-dessus même notre épaule ! Seul point noir au tableau, d’après le médecin, c’est certainement là que Laurent a attrapé la dengue, cloué au lit avec de la fièvre puis des plaques rouges sur tout le corps pendant dix jours…
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Le Mont Aorai, une belle rando que nous réalisons début avril, une dizaine d’heures aller-retour dans la journée (en incluant nos temps de pause), ça se fait mais la prochaine fois on prévoira plutôt de dormir là-haut. Cela permet de faire l’ascension de la dernière crête jusqu’au sommet au lever du jour, admirer le lever de soleil sur l’horizon, et surtout moins se crever en chemin. Le sentier est facile jusqu’au premier refuge. Ensuite, il se fait bien aussi, mais les pentes sont souvent plus ardues, des câbles et cordages ont été installés dans les passages délicats ou vertigineux.
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Un dernier tour d’horizon sur une de nos sorties « Nature » ici : la vallée de la Papenoo en moto, sur notre petite 125 trail, avec Nadine et Serge, un couple d’amis, toujours prêts à crapahuter ou bouger pendant leurs temps libres ! Ce n’est pas si long, 40 kms, mais une route bien accidentée, surtout la deuxième partie après le tunnel… Cette piste traverse l’île entière. Aujourd’hui inhabitée, mis à part le relais de la Maroto pour accueillir les visiteurs et randonneurs de passage, de nombreux vestiges et sites archéologiques ont été découverts. Au départ, la route est bitumée, de nombreux dos d’âne, radiers à traverser ou ponts suspendus, mais rapidement la végétation reprend l’espace que les montagnes encadrent. Les paysages sont particulièrement saisissants, des parois abruptes avec des centaines de cascades, des vues panoramiques sur la caldeira, des passages à gué… Tout en faisant de nombreuses pauses photos, nous suivons un sentier de terre bien glissant et surtout cabossé jusqu’à notre pause de midi au bord d’un grand lac artificiel, où les panels de vert, de brun de la flore, de gris des pierres se reflètent avec magie dans le miroir du lac. Pour la suite, trois cyclistes rencontrés au relais de la Maroto –mis à part eux, nous n’avons croisé personne !- nous avaient prévenus « Méfiez-vous, c’est très glissant après le lac ». En effet, ma jambe et ma fesse droite s’en souviennent encore à l’heure où j’écris. J’ai hérité de beaux bleus, un bandage pour réduire l’œdème qui a suivi et une piqûre d’anticoagulants tous les soirs pendant dix jours… Mais la moto et Laurent n’ont rien, on allait à 2 à l’heure, c’était juste très glissant. Et avant cela, je suis tombée bêtement dans un trou en voulant prendre une photo, la jambe au travers d’une grille de canalisation, c’est surtout là que je me suis fait mal d’ailleurs, mais bon rien de grave finalement. Si c’est à refaire, on repart tous, même Nadine avec son coccyx tout bleu ! A la fin de la route, on craignait de devoir négocier avec l’habitant réputé bloquer la route prétextant que celle-ci traverse sa terre. Finalement, rien, même pas une chaîne pour bloquer le passage. Ayant perdu son procès, tout serait revenu dans l’ordre, du moins pour le moment.
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En résumé, petit conseil s’il vous faut choisir, préférez quelques escapades à l’intérieur des terres, plutôt que faire le tour de l’île en voiture. Vous passeriez à côté de beaucoup de charmes de l’ile gardant l’impression d’une île qui n’a rien d’extraordinaire. Le plus beau est à l’intérieur…
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4. Moorea, l’île-sœur de Tahiti
En arrivant à Papeete, je me souviens être surprise du nombre de bateaux moteur amarrés à la marina. J’ai rapidement compris pourquoi. Avoir un voilier en Polynésie, c’est bien pour naviguer quand on a du temps. Cela permet de caboter de mouillage paradisiaque en mouillage paradisiaque entre les îles. Mais partant de Tahiti le temps d’un weekend… c’est beaucoup trop court, on ne peut qu’aller à Moorea ou Tetiaroa, les îles les plus proches, et encore pour Tetia, ce n’est pas recommandé avec son voilier. Le passage en annexe au dessus du récif pour accoster sur l’île est très délicat. Il faut connaître, et on ne peut pas dormir sur place. Il vaut donc mieux y aller à la journée sur le catamaran Ti’Motu, de Paul et Anne-Marie, l’Escapade. Ils organisent des journées très régulièrement là-bas. J’en parlerai davantage dans un prochain carnet de bord.
Je reviens sur Moorea… ½ heure en bateau moteur, 4-5 heures à la voile, ce qui explique que beaucoup de gens préfèrent l’énergie du gasoil à celle du vent. On profite du weekend prolongé de Pâques pour s’y rendre à la voile avec nos amis Nadine et Serge, Sylvie et Jean-Pierre et la famille de Sylvie. Nous mouillons du côté du motu Ahi puis Vaiare, au sud de l’île.
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Près du motu Ahi particulièrement, le jardin de corail vaut largement le détour… Des poissons lions, des papillons, des balistes, des flûtes, des bénitiers, des raies… Et en plus l’appareil photo sous-marin de Nadine pour immortaliser tout ça !
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Ces six premiers mois à Tahiti nous ont permis –et nous permettent encore !- de rencontrer de nouvelles personnes, lier affinité, partager de bons moments, ou retrouver des amis, comme Madeleine et sa maman, marquisiennes de Ua Pou, Jean-Yves et Marino, et le reste da la petite famille… Il s’agit des anciens propriétaires de Mandragore, mais aussi constructeurs. Ils ont navigué dessus une quinzaine d’années en tout, entre les Antilles et la Méditerranée. C’était la première fois qu’ils retrouvaient Mandragore dans les eaux turquoises et chaudes du Pacifique. Petit clin d’œil à Meryl et Julien qui viennent de mettre au monde le 26 mars dernier une petite perle : Jade Vaimiti… Belle vie à toi Jade ! On t’attend pour ta première sortie en mer à bord de Mandragore ! D’autant plus que ton prénom tahitien « Vaimiti » signifie « eau de la mer », tu te dois de venir au plus vite !