Le voyage de Mandragore autour du Monde...

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6 -Les Sables,La Rochelle
2-3-4-5 - Noirmoutier
1 - Folleux (Morbihan)
 
Un peu plus de deux mois se sont écoulés depuis la perte de notre arbre d’hélice dans le Golfe de Gascogne… Deux mois bien occupés à Noirmoutier, entre les réparations du moteur, un mois de travail pour ma part à la Chaloupe dans le cadre des Régates du Bois de la Chaise, quinze jours de vacances superbes en Corse avec Circé et François, mais aussi contretemps moins agréable… pour tous les deux un séjour à l’hôpital d’une semaine début octobre, à cause d’une méningite pour Laurent et d’une ponction lombaire qui s’est mal terminée pour ma part.

 

Samedi 30 septembre, le bateau et les hommes sont à présent fin prêts, nous profitons de la grande marée de ce week-end pour quitter le port de Noirmoutier. Le cotre corsaire de la Chaloupe nous accompagne dans la baie. Cette fois-ci, le soleil est avec nous ! Nous étions partis sous la grisaille les fois précédentes, c’est donc un bon signe me direz-vous ! Gageons qu’il soit porteur d’une suite de voyage à l’image de cette journée. En attendant la bonne fenêtre météo pour traverser le Golfe, nous rejoignons le port de l’Herbaudière, et profitons de ces quelques jours pour faire des essais dans la baie de Bourgneuf avant le grand saut.

 

Mardi 2 octobre, la météo annonce des vents un peu faiblards mais dans la bonne direction pendant plusieurs jours. Daphné et Guillaume, un couple d’amis de Noirmoutier, sont dispos cette semaine pour rejoindre notre bord et faire la descente du Golfe avec nous. C’est parti ! Outre la convivialité à bord, naviguer à quatre nous permettra d’effectuer des quarts plus reposants pendant la traversée. 76 heures nous furent nécessaires pour rejoindre la côte espagnole. 380 miles sur trois jours de navigation, un vent variable mais toujours portant. On voit bien que Daphné et Guillaume ont déjà des miles de longues traversées derrière eux. Ambiance excellente à bord, chacun prend très vite ses marques, les quarts et les tâches s’organisent naturellement. Compétition de cuisine à bord, nous attribuons une mention spéciale pour les plats délicieux de Daphné… Presque toute notre traversée fut accompagnée de visiteurs assez incongrus, prenant très vite leurs aises à l’intérieur du bateau et très fidèles : deux petits oiseaux que nous avons prénommés tous deux « Kiki ». Ils sont malins ses Kikis, pour rejoindre les pays chauds, autant ne pas se fatiguer et s’offrir une petite croisière à bord d’un voilier ! La navigation s’est passée sans encombre, excepté la perte à nouveau mystérieuse d’une pièce de notre régulateur d’allure le rendant inutilisable (petit rappel pour les néophytes, il s’agit du pilote automatique fonctionnant avec la force du vent) !! Par vents de force 5, au grand largue, mercredi 3, 22h, nous étions situés en plein Golfe à égale distance de La Corogne, la Rochelle et Noirmoutier, le bateau est soudainement parti au lof. Laurent reprend la barre, mais ne parvient pas à redresser le bateau. Daphné et moi affalons l’artimon, Laurent demande à Guillaume de retourner régler le régulateur. On s’aperçoit alors que nous avons perdu le safran auxiliaire, sa mèche est fendue en deux. Nous n’avons rien heurté, nous étions tous les quatre sur le pont, s’il y avait eu choc ou accrochage, nous aurions entendu quelque chose ! Nous avons pourtant choisi ce qui est censé se faire de mieux sur le marché ! Après la perte du pignon conique en juin dernier, on ne peut accepter ce deuxième défaut de la part du constructeur. Son matériel n’est pas au point, nous l’appellerons demain à notre arrivée à la Corogne. Finalement, celui-ci reconnaîtra ses torts. Un autre bateau à qui il a vendu le même régulateur vient de subir la même avarie. Des modifications censées perfectionner le régulateur ont finalement affaibli la solidité de la structure. Il nous promet de nous renvoyer un nouveau safran auxiliaire d’ici un mois aux Canaries.

                                                                                                                                   

Vendredi 5 octobre, 15h, première escale à la Corogne, non loin du Cap Finisterre. Nous devions être tout de même bien fatigués, notre sieste prévue d’une heure et demie avant d’aller boire un verre dans le centre-ville s’est transformée par une grosse nuit de sommeil de 19h à 9h le lendemain matin non stop ! Eh si ! Samedi 6 octobre, renfort du génois, rangement du bateau, plein d’eau et de gasoil, lessive, toutes ces petites choses… avant de se promener dans le centre de la Corogne. Dégustation de tapas, et balade dans les rues animées jusqu’à la nuit tombée. De retour au bateau, nous ne manquons pas de fêter l’anniversaire de Guillaume, champagne et bougies d’anniversaire sur un moelleux au chocolat pour fêter l’événement (mmh, toujours aussi délicieuse ta recette, Nicole !!). Après une soirée pleine d’éclats de rire et de bonne humeur, c’est à regret que nous nous quittons le lendemain midi. Daphné et Guillaume ont deux jours pour rejoindre Noirmoutier et Paris en stop.

 

De notre côté, nous quittons le port de la Corogne, direction Lisbonne ou Madère, soit 3 ou 7 jours de navigation. Nous adapterons nos escales en fonction des vents. Mais après deux petites heures de navigation, changement de programme, je crois entendre quelqu’un siffler sur un voilier rouge au loin. Ai-je mal entendu ou l’équipage nous appelle à l’aide ? Nous rentrons vite en contact avec eux par la VHF et nous approchons. Ils reviennent des Canaries, après avoir essuyé une grosse tempête et de grosses frayeurs, le vent est complètement tombé depuis trois jours, ils sont en panne de moteur et ne peuvent parcourir la dizaine de miles qui les sépare de la Corogne. Tant pis pour Lisbonne, nous repartirons demain, c’est important de savoir se rendre service en mer. Il n’y a pas si longtemps, nous étions nous-mêmes bien contents que le bateau des Affaires Maritimes prenne du temps pour détourner sa route et nous apporter de l’aide. Nous les remorquons et ramenons « Loco », un voilier Vulcain Acier de 10m, et son équipage jusqu’au port. Une fois amarrés, c’est l’occasion de rencontrer François, Fatya, et François, trois français de Vannes et Paris, qui ramenaient leur bateau des Canaries en France après un trajet aller l’année passée. Apéro à bord, et vous imaginez mon agréable surprise lorsque je vis François sortir son accordéon diatonique… j’ai encore beaucoup de progrès à faire, mais je ne pouvais évidemment pas résister au plaisir de sortir le mien…