Le voyage de Mandragore autour du Monde...

Accueil     Carnets de bord 1 à 31     Carnets de bord 32 à ...     L'Ecole Rose des Dunes     La classe du CHU Le Mans     Photos et Vidéos     Livre d'or     Liens et sites amis     Nous contacter      
31 - Nicaragua
30_2 Panama
30_1 Providencia
29 - Cuba
28 - Haiti
27 - St Barth, St Martin
26 - Guadeloupe
25 - Martinique,Dominique
24 - Grenadines, Grenade
23 - Martinique,Ste Lucie
22 : Guyane français
21 - Nav Bresil Guyane
20 - Bresil
19 - Patagonie (suite)
18 - Patagonie
17 - Argentine, Patagonie
16 - Bresil
15 - Transatlantique
14 - Cap Vert
13 - Canaries, Cap Vert
12 - Canaries (Tenerife,
11 - Canaries (Graciosa,
10 - Madère
9 - Portugal
8 - Trans-Gascogne
7 - Royan
6 -Les Sables,La Rochelle
2-3-4-5 - Noirmoutier
1 - Folleux (Morbihan)
 

En espérant que la météo maintienne des conditions favorables pour les prochains jours, ce samedi 14 juillet devrait être notre dernière journée sur le territoire français. Nous avons enfin récupéré « Hercule » notre régulateur d’allure ! Il a retrouvé depuis ce matin sa place sur la poupe arrière de Mandragore. Sur le même ponton, un autre bateau de voyage, un Galapagos, attend un régulateur, identique au nôtre. Sylvain prépare lui aussi un tour du Monde avec trois copains et leur chien. Mais pour l’heure, ils sont en pleins travaux. La vue des outils et machines sur le pont nous replonge quelques mois en arrière… Nous profitons de cette dernière journée pour finaliser plusieurs petites choses à bord, ajouter des poulies sur la drisse de grand voile, remonter le génois qui frottait sur le balcon, ajouter une pompe d’eau de mer pour la chasse d’eau des toilettes, changer ce fouttu collier de canalisations qui a encore lâché cette nuit, nous réveillant brusquement et surtout imbibant à nouveau toutes nos affaires dans le placard de la salle de bain ! Juste le temps de stopper la fuite pour cette nuit, et vue l’heure… il fera jour demain ! Heureusement que nous sommes à bord pendant ce genre d’incidents, nos 300 litres de réserves d’eau douce se seraient répandus en quelques minutes dans les fonds ! L’entretien et le bricolage d’un bateau demandent une attention continuelle.

Outre la possibilité de profiter des rues animées par les Francofolies, ces deux jours d’attente à la Rochelle ont permis à mes parents de venir avec nous à bord. Eux qui n’avaient jamais navigué de leur vie sur un voilier ! Nous sommes heureux de leur faire ce cadeau aujourd’hui, d’autant plus que les conditions pour une première navigation étaient idéales ! Temps superbe, léger vent, parfois même pétole… Autant vous dire, qu’ils n’ont pas pas eu le mal de mer ! Ils faisaient plaisir à voir. Maman posant multiples questions, et Papa tout heureux d’aider aux manœuvres. Nous débarquons en annexe sur l’île d’Aix, belle balade sur cette petite île tranquille, où les parvis des maisons arborent généreusement des allées de roses trémières. Napoléon n’y est resté que trois jours avant son expulsion sur Sainte Hélène, mais un musée, une maison, certains noms de rues nous rappellent clairement son passage. Nous passons la nuit au mouillage près de l’île, et rejoignons la Rochelle tranquillement le lendemain matin.

Quant à nos escales précédentes aux Sables d’Olonne, puis à l’île de Ré… Nous n’avons passé qu’une nuit aux Sables, mais elle fut l’occasion de retrouver Karen, François, Gérald, et deux de leurs amis autour d’un verre dans un pub. Soirée bien sympa ! Nous rejoignons le lendemain l’île de Ré. Belle nav, belle mer, mais le vent se lève fortement en fin de journée. Nous arrivons trop tôt au port de St Martin, deux heures avant l’ouverture de l’écluse à 21h. Voiles affalées, nous sommes contraints d’attendre au large et se soumettre docilement à la forte houle et au vent dépassant à présent les 70 km/h. Mandragore est balloté par les vagues, son nez plonge, se redresse, mais on s’y sent en sécurité. Comme le disent souvent les marins, le danger n’est pas en mer, mais le plus souvent près des terres. Vu cette houle, pourvu que notre arrivée au port se déroule sans encombre. Coïncidence heureuse, nous retrouvons au port Kiki et Michelle, un couple d’amis naviguant le long de la côte atlantique pendant les deux mois d’été. Ils nous proposent un dîner réconfortant à leur bord. Après cette fin de journée, cela ne se refuse pas ! Entre bricolage et entretien du bateau, découverte de l’île, 25 kms de balades à vélo, le lendemain à pied… les deux jours et demi sur l’île passent si vite ! Laurent est déjà venu plusieurs fois sur St Martin de Ré. Pour ma part, une seule fois en hiver. Cela change du tout au tout ! Les rues autour du port grouillent de vie. J’ai aussi beaucoup apprécié ses paysages, ses marais, ses maisons aux volets verts… peut-être parce que tout cela me rappelle Noirmoutier ! Néanmoins, je ne les confondrai pas ! Un moment m’a beaucoup touchée, il est certes tout simple, mais il fait partie de ces moments où l’on a envie d’appuyer sur la touche « Pause » et  de se dire « Mmmh, bonheur… ». Laurent a besoin de retourner au bateau chercher un pull. Je profite de cette attente pour m’asseoir près de deux musiciens jouant dans la rue, un couple je pense, à peu près de notre âge ou un peu moins, peut-être étudiants, la fille jouant de l’accordéon et le garçon de la guitare. Sublime… les deux instruments s’accordant si bien. Les morceaux s’enchainent, mais je ne me lasse pas de les écouter. Tiens, l’air d’Amélie Poulain, celui que Laurent aimerait que j’apprenne pour l’accompagner à la guitare. J’attends vivement d’être en capacité de le faire. Pour l’instant je n’en suis encore qu’à mes débuts d’accordéon, mais cela me motive à travailler… En partant je glisse une pièce dans la boîte à leurs pieds, et j’y ajoute un petit mot pour les féliciter et les remercier de leur musique. Je les imagine ce soir en comptant le pécule de la journée, cela fait toujours plaisir de voir son travail apprécié. Si j’avais eu un calepin j’aurais eu envie d’écrire, comme certains peuvent avoir envie de dessiner ce qu’ils voient, j’avais envie d’écrire…