Notre départ de Panama pour la Trans-Pacifique… C’était il y a déjà presque deux mois. 31 jours de mer nous auront permis de parcourir les 4000 milles (soit 7200 kms) qui séparent Panama des îles Marquises. Entre ces deux points, une seule escale possible, au premier quart de notre route, les îles Galapagos, archipel équatorien mythique pour ses animaux marins. Puis les 23 jours restants… de l’eau, de l’eau, et encore de l’eau avant de pouvoir crier le mot magique « Terre ! Terre en vue ! ». « La baie des Vierges », et son petit village au fond de la vallée « Hannavave », sera donc notre première escale aux îles Marquises. Deux semaines à vivre au rythme marquisien, d’autant plus grâce à la rencontre d’une famille avec qui nous nous lions d’amitié et passons la plupart de nos journées : repas en famille, danse, guitare, marches dans la montagne, chasse, pêche… Nous venons de quitter Fatu Hiva pour Hiva Oa, et comptons ainsi remonter d’île en île l’archipel jusque mi-juillet, avant de rejoindre les Tuamotus, puis Tahiti courant août.
Navigation de Panama aux îles Galapagos
15 avril… Notre dernier petit-déjeuner au mouillage de la Playita Flamenco, partagé à bord avec David, Anne, et Léa de « Water Melon », et Manu de « Qovop ». On ne s’est pourtant vu que très peu, mais il y a des gens comme ça, dès qu'on les voit, on sait que le courant va passer. Ca se lit dans leurs yeux, dans l'énergie qu'ils dégagent. « Qovop »... quelques mots de plus sur le voyage et le chouette projet de ces trois gars sur leur bateau rouge. Allez voir leur site www.qovop.eu. Tous les trois sortant des études, ou quasiment, Manu, Baptiste et William ont cherché des sponsors, monté des échanges avec des écoles (de Vendée !) et se sont lancé le défi de réaliser leur Tour du Monde à la voile en 600 jours, 300 jours de préparation et 300 jours de voyage. Finalement, ils savent déjà que 300 jours seront sûrement trop courts, mais ils adapteront et pourront développer d'autant plus la partie pédagogique dont les échanges avec les écoles pendant leur voyage. « Qovop », comme les premières lettres de « Quand On Veut On Peut ».
11h00, c’est parti… le grand saut, on relève l’ancre ! Au-revoir Panama ! On est plutôt chanceux à notre départ. On s'attendait à peu de vent sur cette partie, mais nous quittons Panama voiles pleines, en ciseaux, et génois tangon. On avance à 6-7 nœuds au 190. Généralement on rencontre une bonne période de port-au-noir jusqu'aux Galapagos, puis un vent bien soutenu jusqu'aux Marquises. Après deux premiers jours de bon vent de Nord, on n’échappe pas à la règle. Les vents faiblissent, tournent et restent Sud faiblards jusqu’aux Galapagos. On alterne voiles seules ou soutenues par le moteur pour bénéficier des moindres petites brises. A notre regret, le ronronnement du moteur couvre alors le bercement des vagues pendant quatre jours... mais même à petit régime, avec le courant porteur cela permet de conserver une vitesse de 5-6 nœuds de moyenne sans forcer, alors que sans on oscille entre 1 et 2 nœuds.
Les cargos sont au départ très présents, ils viennent des deux sens, ce qui est bien compréhensible vu la zone. Puis, plus rien ! Pas un bateau… Cette impression sera encore plus marquée entre les Galapagos et les Marquises, des jours, des semaines sans trace de vie humaine à l’horizon ! Seuls les poissons, deux grosses tortues (!) et de temps en temps quelques oiseaux… Plusieurs soirs de suite, certains venaient longuement tournoyer autour du bateau. On se demandait ce qu'ils cherchaient jusqu'à ce que l'on comprenne qu'ils lorgnaient sur nos deux leurres et hameçons ! Nous avions mis deux lignes de pêche à la traîne derrière le bateau. Autant éviter qu'ils plongent pour essayer de les pêcher, on a donc rangé notre matériel…
Les îles Galapagos
23 avril, vers 14h, huit jours plus tard, nous mouillons aux îles Galapagos, sur l’île de Santa Cruz. On pensait s’arrêter un jour ou deux sur San Cristobal pour se reposer, mais la réception d’un mail d’amis en voilier nous fait changer d’avis : Dixit Pascal de « Kamoke » : « Nous sommes à Santa Cruz, à Puerto Ayora. Nager avec les otaries, ça déchire »… On pousse donc jusque Santa Cruz, et de là, on avisera !
Normalement, le droit de faire escale aux Galapagos pour les voiliers de passage est de 250 dollars pour 20 jours ou gratuit pour 24 heures. Les voiliers ont droit de faire escale sur une seule île parmi les trois accessibles à la voile sur l’archipel. De plus, parait-il, on ne peut se balader sur l’île et rendre visite aux animaux sans être accompagné d’un guide qu’il faut évidemment payer. Et si on ne le fait pas, ces mêmes guides peuvent nous dénoncer auprès des autorités.
Finalement, nous aurons beaucoup de chance. Il n’en sera pour nous rien de tout ça. Peut-être parce que nous arrivons le weekend des élections en Equateur, peut-être parce qu’à Puerto Ayora, les voiliers sont assez nombreux, du coup on se fait plus discret dans la masse. Mais personne ne vient nous voir. Au lieu de 24 heures, on reste quatre jours. Et à terre, idem, on peut se balader, marcher dans l’île sur les plages favorites des iguanes et des fous à pattes bleues, profiter des tortues géantes de terre - surprenant qu’on puisse les approcher de si près, les toucher. Elles ne sont pas du tout craintives, même plutôt très curieuses - ou des otaries qui se baignent autour du bateau en toute tranquillité et font la sieste sur les bateaux inhabités ! Il n y a pas a dire, même quand on est grand (euh... enfin sais pas trop !), on garde toujours des yeux d’enfants lorsqu’on regarde ces animaux...
Mais il ne faut pas abuser des bonnes choses… ce serait dommage de se faire épingler maintenant, on quitte le mouillage le lundi matin. Vu que personne ne nous a remarqués sur Santa Cruz, on veut s’arrêter à Isabela, puerto Villamil, mais nous n’avons pas de cartes papiers suffisamment précises et nos cartes informatiques ne sont pas détaillées pour cette zone. On arrive du mauvais côté de la passe. Il nous faudrait faire demi-tour, mais ce détour sera trop long pour nous permettre d’arriver avant la nuit. Tant pis, on en déjà bien profité, on n’imaginait pas cette escale aussi bien remplie, qui plus est sans rien dépenser ! On continue direction les Marquises, 2959 milles en route orthodromique (en ligne droite).
Trans-Pacifique des Galapagos aux Marquises
a) Navigation :
23 jours de mer, il s’agit pour nous de la traversée la plus longue sans toucher terre depuis notre départ de Noirmoutier il y a un an et demi. Nos plus longs trajets jusqu’à présent étaient de 15 jours entre le Brésil et la Guyane, et de 11 jours pour la Transat entre le Cap Vert et l’île brésilienne Fernando de Noronha. A priori, la suite du voyage ne se composera que de navigations de durée inférieure. Notre planète bleue offre ensuite de multiples escales d’île en île avant de rejoindre la Nouvelle Zélande, puis l’Australie et l’Asie.
Dans l’ensemble, nous pouvons dire que notre trans-pacifique fut bonne. Nous avons d’abord fait route bien au Sud pour quitter plus rapidement les calmes équatoriaux et récupérer les alizés à 6 degrés Sud. Au troisième jour, les vents se renforcent nettement. Sud-Sud-Est force 4, puis 5. On est quasiment tout le temps à 7-8 nœuds, voire un peu plus ! Les dix jours qui suivent, les milles s’égrènent à vive allure sous l’étrave, entre 150 et 170 milles par 24 heures. Heureusement qu’on est au portant, et pas au pré… le confort de navigation ne serait pas le même… Puis les vents deviennent plein Est, ce qui signifie pour nous une navigation plein vent arrière, voiles en ciseaux. Avec la houle, ce n’est pas une allure bien confortable pour Mandragore. Il nous faudrait un spy, mais on n’en a pas. On choisit alors de modifier nos plans, pourquoi pas se mettre au grand largue et faire cap au 230 sur les Gambiers ? Après tout, personne nous attend aux Marquises, on peut faire ce détour et cela nous fera une étape de plus à notre voyage.
Deux jours plus tard, les vents tournent au Sud, 25 nœuds d’après la météo, mais dans les faits on a l’impression d’avoir davantage... De plus, la météo prévoit toute la semaine à venir des vents de Sud Ouest de 35 nœuds sur la route des Gambiers. Tant pis, on oublie cette option, on fait à nouveau du plein ouest, cap sur Fatu Hiva, comme l’était notre première idée.
Seizième jour, les vents mollissent 3-4 puis 2-3, et la houle se fait plus agréable, ce qui nous permet de bien tenir les voiles en ciseaux. En voiles d’avant, on associe génois lourd tangoné d’un côté et génois léger de l’autre - ça n’a pas l’efficacité d’un spy, mais ça peut s’en rapprocher ! -, à l’arrière grand-voile pleine et artimon. On en profite aussi pour essayer le booster des anciens propriétaires que je venais de réparer, mais une partie du tissu est vraiment trop cuite par le soleil, il ne tient même pas trois minutes, juste le temps de faire une photo, et la bande de tissu blanche se déchire à un autre endroit sur sa longueur, alors que les bandes colorées tiennent très bien. C’est ce que m'avait expliqué David, un ami voilier, le fait de colorer les tissus de voile de spi, en plus de faire joli, la surcouche de teinture renforce la solidité de la toile. Il faudra remplacer cette partie lorsqu’on trouvera la toile adéquate. En attendant, on remet le génois lourd et le génois léger en ciseaux. Mine de rien, on en passe du temps aux manœuvres… Avec ce bel ensemble, on conserve de bonnes moyennes, jusqu’aux 48 dernières heures… où le vent faiblit, puis tombe complètement. Le ciel est gris, un temps à grains. La mer devient d’huile, toute lisse, pas une ride. Bien dommage qu’on n’avance pas, mais en attendant le spectacle est magique. Les formes des nuages, leurs couleurs se reflètent parfaitement dans l’eau, tel un miroir. Lorsqu’on veut démarrer notre moteur, il fait un bruit bizarre comme quelque chose qui frotte quelque part avec du gaz qui s’échappe par le haut. Laurent regarde, il s’agit en fait de l’étanchéité d’un injecteur. Il faudrait un joint neuf. On a pourtant pas mal de choses à bord, mais ça on n’en a pas… On parvient à faire une réparation temporaire, et ça repart, mais il ne faudra pas tarder à trouver un nouveau joint. On aurait bien aimé faire nos derniers milles à la voile avant les Marquises, mais ce sera compensé par la venue des dauphins autour du bateau à quelques heures de notre arrivée et les superbes paysages que nous offre la Baie des Vierges au coucher du soleil… Mais je m’arrête là, car on en parlera dans notre prochain carnet de bord.
b) La vie à bord :
Un mois de mer, ça peut paraître long, mais je pense alors aux concurrents du Vendée Globe, ou à Maud Fontenoy lorsqu’elle traversa ce même océan à la rame… (cf. son livre « Le Pacifique à mains nues »), la notion de durée est alors très vite relativisée ! Entre les manœuvres, les quarts (rotations toutes les 4-5 heures la nuit et le matin), la préparation des repas, l’entretien du bord, la réception de la météo et des mails… les journées passent plutôt vite. Et puis, on prend le temps de faire beaucoup de choses qu’on n’a finalement jamais le temps de faire à terre. Pour ma part, j’en ai par exemple profité pour bien bachoter mes livres sur la lecture des étoiles et celui sur la mythologie grecque. C’était passionnant, comprendre comment tout s’imbrique, pourquoi tel nom d’étoile, quelles sont les relations mythologiques entre les constellations… le ciel est une vraie histoire de famille autour du grand Zeus, mais aussi un vraie conte de fée !
Si nous avions eu à barrer, la fatigue à bord aurait forcément été différente. « Hercule », notre régulateur d’allure avec lequel nous avions eu des soucis au début, a barré pour nous sans souci. Lorsque la houle ou les vents le contraignaient à corriger des écarts de route trop importants, nous l’avons couplé avec le pilote automatique. Les deux associés se combinaient dans ce cas très bien. Le pilote automatique ne redressant que de temps en temps, ne consommait donc que peu d’énergie.
La vie à bord, c’est aussi faire attention à notre consommation en eau… Cela veut notamment dire vaisselle et douche à l'eau de mer. Mais pour la douche, on s’autorisait tout de même un rinçage à l’eau douce avec un ou deux litres, et les jours de shampoing deux à trois litres. Rien qu’en faisant attention à ces deux postes, on diminue très significativement notre consommation. Il ne reste alors plus que l’eau pour boire, se laver les dents, les pâtes ou le riz, mais on mangeait plus souvent des légumes. On a réussi à en conserver sur une grosse partie de notre trajet. On a ainsi consommé que 5 à 7 litres d’eau par jour à deux. Ce n'est pas beaucoup, on avait évidemment prévu plus. Mais en cas de pépin, il vaut mieux avoir de la marge. L’eau douce est une denrée précieuse, encore plus en pleine mer. En l'écrivant, je me dis, c’est un comble, sur un bateau on est pourtant entouré d'eau, on ne voit que de l'eau, de l'eau, toujours de l'eau, et pourtant, trop salée et nocive pour la santé, on ne peut que la boire des yeux !
c) La pêche :
Grand sujet… Jusqu’à présent on n’était pas bien fier de nos performances se rapprochant souvent du zéro et dépassant rarement les un ou deux poissons par traversée. Des poissons volants ou parfois même des poulpes (!) atterrissaient d’eux mêmes sur le pont du bateau, mais des dorades ? des carangues ? des thons ? On commençait à se demander si ça venait de nos leurres, des hameçons, de la longueur de traine... Cela venait effectivement un peu de tout ça. Grâce aux conseils prodigués à Panama par des bateaux amis, nous avons changé la donne. Tout particulièrement « Qovop » qui nous a offert un de leurs leurres et leur manuel sur « la pêche à la traîne » qu’ils connaissent maintenant par cœur ! Ce n’est finalement pas si simple que ça, hameçon trop petit ou rouillé, leurre abîmé, plomb trop lourd… Désormais, nous n’avons plus d’excuse ! Pour ma part, une fois que le poisson a mordu, j’ai toujours du mal à lui enlever l’hameçon... je préfère que ce soit Laurent qui le fasse, il me dit que si je pêche, il faut que je fasse les choses jusqu’au bout. Oui... c’est vrai, mais je lui réponds que comme ça on fait équipe ! Très vite de belles dorades coryphènes ont mordu à notre hameçon ! Bon, il ne faut pas non plus être trop exigeant, nous n’avons eu que des dorades. Dégustées en filets à la poêle, ou séchées au soleil, en entier ou en papillotes au four… c’était très bon !
Sauf une fois, où j’ai fait ce qu’on appelle une « intoxication ». Juste après l’avoir avalé, j’ai commencé à avoir très mal à la tête, et devenir d’après Laurent toute rouge, la tête et le buste, avec des plaques sur le reste du corps. Je me suis endormie tout l’après-midi. En fin de journée à mon réveil, c’était fini. Nous avions pêché ce poisson d’un mètre la veille au soir. Trop gros pour un seul repas, et trop tard pour commencer à se lancer dans la découpe de filets séchés. On a protégé le restant dans le cockpit en se disant qu’il patienterait bien une nuit. On n’aurait pas dû. Il n’a pas supporté l’attente à température ambiante. Pour Laurent, pas de maux de tête, mais un bon mal de ventre. Lorsqu’on est que deux, il faut finalement mieux pêcher de petits poissons ! On a été obligé de jeter le reste de mes papillotes…
d) Les échanges avec les enfants
Pour finir, quelques mots sur les échanges réalisés avec les enfants même pendant notre traversée. Grâce à notre BLU, nous avons pu poursuivre le dialogue par mails avec les enfants hospitalisés du Mans et ceux de l’école Rose des Dunes de Barbâtre à Noirmoutier. De plus les enfants ont continué leurs travaux et leurs recherches liés à la mer : écrits, dessins, exposés, sorties liées à la mer... Une partie de leurs travaux est en ligne. Nous avons également établi des rapports avec Maud Fontenoy qui a envoyé une dédicace aux enfants. Dans son message, Maud leur écrivait notamment « J’espère que vous vous battrez pour réaliser votre rêve ». Suite à cela, chacun des enfants lui a répondu. Vous pouvez lire leurs messages sur notre site internet (cf. pages « Ecole Noirmoutier » et « CHU Le Mans »)
Pendant notre trans-pacifique, un des enfants m’a demandé : comment se passe pour vous la nuit en mer ? Sa question m’a inspirée un petit texte écrit pendant un quart de nuit. Après tout, pourquoi ne pas le partager avec vous aussi ? Peut-être que certaines des personnes qui liront ce carnet se poseront également la question. La mer la nuit, ce n’est pas que ça, mais c’est notamment ça… A bientôt !
« La nuit »
Enfant, comme tout enfant je pense, j’ai craint la nuit,
Ses ombres, ses bruits mystérieux, ses soi-disant esprits,
La mer m’aura appris à m’en faire une amie.
Aujourd’hui, chaque soir en mer, je regarde le jour s’en aller,
Sans appréhension je commence mon quart, j’attends la nuit.
Je sais qu’un autre spectacle va bientôt s’installer.
Chaque nuit est différente.
Certains soirs, une nuit noire, sans lune, sans une âme vivante,
Une nuit noire et impénétrable, une nuit noire et inquiétante,
Une impression bizarre d’être sous un couvercle enfermée,
Et pourtant Mandragore poursuit imperturbable son avancée.
D’autres soirs, au contraire, plus de couvercle, mais l’infini des cieux.
Un spectacle magique s’offre à mes yeux,
Des millions d’étoiles scintillent de mille feux.
Je pense à toutes celles que je vois, et toutes celles que mon regard ne peut atteindre.
Jamais, je ne veux me lasser de les admirer,
Je veux apprendre à les reconnaître, leur parler, les appeler par leur nom,
Cassiopée, Pégase, Bérénice, Orion…
Vous observer autour de la voûte céleste poursuivre votre douce et lente rotation.
D’autres soirs encore, comme ce soir, la lune apparaît.
Rassurante, elle donnera chaque nuit un peu plus couleurs et reflets
Aux choses, aux éléments. Un fin quartier suffit, et déjà la vie renaît.
La houle se forme et se déforme.
Sur sa peau fripée, se reflètent les rondeurs lumineuses de l’astre qui la surplombe,
Tandis que les voiles gonflées se détachent fièrement de l’ombre.
Bientôt à son tour la lune s’en ira.
La myriade de pépites d’or peu à peu s’effacera.
Faut-il être triste de les voir s’évanouir ?
Faut-il à tout prix vouloir les retenir ?
Ou faut-il se réjouir d’un autre spectacle à venir…