Le voyage de Mandragore autour du Monde...

Accueil     Carnets de bord 1 à 31     Carnets de bord 32 à ...     L'Ecole Rose des Dunes     La classe du CHU Le Mans     Photos et Vidéos     Livre d'or     Liens et sites amis     Nous contacter      
31 - Nicaragua
30_2 Panama
30_1 Providencia
29 - Cuba
28 - Haiti
27 - St Barth, St Martin
26 - Guadeloupe
25 - Martinique,Dominique
24 - Grenadines, Grenade
23 - Martinique,Ste Lucie
22 : Guyane français
21 - Nav Bresil Guyane
20 - Bresil
19 - Patagonie (suite)
18 - Patagonie
17 - Argentine, Patagonie
16 - Bresil
15 - Transatlantique
14 - Cap Vert
13 - Canaries, Cap Vert
12 - Canaries (Tenerife,
11 - Canaries (Graciosa,
10 - Madère
9 - Portugal
8 - Trans-Gascogne
7 - Royan
6 -Les Sables,La Rochelle
2-3-4-5 - Noirmoutier
1 - Folleux (Morbihan)
 
 

 

Cela fait bientôt deux mois et demi que je n’ai pas repris la plume sur le blog. Notre dernier carnet de bord date de la veille de mon retour en métropole le 29 juillet dernier… Aujourd’hui 9 octobre, Laurent bricole sur le bateau, je me suis éclipsée pour quelques heures à terre, j’écris à nouveau depuis le port du Marin en Martinique, assise dans le même café, le « Mango Bay », à la même place, tapotant sur le clavier de mon ordinateur et accédant à internet grâce à l’accès wifi, mais entre ces deux dates beaucoup de choses se sont passées. Retrouvailles de nos familles et amis en métropole, le lancement d’un échange régulier avec des enfants qui vont suivre notre voyage (deux classes de Noirmoutier et des enfants hospitalisés à Angers et au Mans), la découverte des Grenadines et de Grenade avec Circé et François (un couple d’amis venus nous rejoindre pendant trois semaines), les bons moments passés avec nos amis du Marin, et depuis quelques jours l’arrivée d’Amélie, une amie de Noirmoutier que nous accueillons à notre bord jusqu’en Guadeloupe. Demain matin, une page se tournera. Nous reprendrons la mer, remonterons la côte ouest de la Martinique, puis direction l’île de la Dominique, et la Guadeloupe…

Avant de résumer les temps forts de nos dernières semaines de mer et de découvertes des îles Grenadines et Grenade, je vais vous parler davantage de cet échange avec les enfants évoqué plus haut… Etant en France au moment de la rentrée scolaire, nous avons proposé à des professeurs des écoles et des éducateurs en milieu hospitalier que nous échangeâmes avec les enfants pendant notre voyage. Nous pourrions ainsi répondre à leurs interrogations, le fonctionnement d’un bateau, la vie en mer, leur faire découvrir de manière plus concrète les parties du globe que nous traversons, travailler avec eux sur l’histoire, la faune, la flore, les différentes cultures de ces pays, les sensibiliser à des sujets forts tels que la protection de notre planète et le respect des cultures qui nous entourent… Tout cela grâce à un échange régulier via internet, photos, vidéos, textes, mais aussi nos discussions en direct grâce à « msn » et nos webcams interposées. Deux classes de Noirmoutier participent cette année, celle de Nathalie Charrier en CE1-CE2 à l’Ecole des Dunes de Barbâtre, et celle de Catherine Chesnier en CP-CE1 à l’Ecole de la Guérinière. Un échange est également mis en place de manière personnalisée aux enfants hospitalisés en long séjour à Angers et au Mans, avec le soutien de Matthieu Bizet, éducateur au CHU d’Angers et Jacky Lacroix et Sophie au Mans. Vous aurez donc parfois l’occasion de voir en ligne sur notre blog certains extraits des travaux des enfants…

 

16 septembre, c’est aussi le jour de nos deux ans de mariage avec Laurent. Je débarque de l’avion à Fort de France. Laurent, Circé et François viennent me chercher. Une heure plus tard, je retrouve Mandragore, sa belle coque noire, son intérieur dans lequel je retrouve rapidement mes marques. Il est toujours aussi beau, embelli des derniers travaux et améliorations que Laurent a réalisés le mois dernier. La nuit tombe, nos amis Mary et Michel, ainsi qu’Eric et Simone nous rejoignent pour un apéro-dîner.

Le lendemain Antoine et Sébastien, des amis d’Angers, sont en vacances pour la semaine en Martinique. C’est pour eux l’occasion de naviguer avec nous du Marin à Ste Anne. La distance est courte, le vent est assez faible, mais pour fêter leur venue, nous hissons toutes voiles dehors ! et profitons de plonger depuis le bateau à notre arrivée.

 

Nous poursuivons notre navigation à quatre vers les Grenadines, la première île se trouvant à 110 miles, cap au sud ! Les deux premiers jours, les conditions météo ne nous sont pas favorables. Pluies régulières et vents de face nous contraignent à faire escale le soir même à l’Anse Cochon sur l’île de Sainte Lucie, puis le lendemain pas beaucoup plus loin, à la Soufrière, toujours à Sainte Lucie. Cette petite ville portuaire tient son nom du volcan et ses sources sulfureuses où jets de vapeur et fumerolles s’échappent encore aujourd’hui du sol. On retrouve le terme de « soufrière » dans plusieurs îles des caraïbes, comme à St Vincent, sur l’île de la Dominique, en Guadeloupe…

Dernière escale forcée à cause de la pluie et des faibles vents de face, à Wallilabu sur l’île de St Vincent. On nous en avait dit méfiance, car des voiliers ont déjà été victimes d’agressions sur différents mouillages de l’île, mais finalement nous serons ravis de cette escale, tranquille et paisible à nos yeux. Nous apprendrons en débarquant que cette baie verdoyante servit de lieu de tournage pour une partie du film les Pirates des Caraïbes. Nous y retrouvons encore certains éléments de décor, canons, tombes de pirates, maisons… Un vendeur d’artisanat local portant un petit sac à dos « Pirate des Caraïbes » est fier de nous raconter qu’il a joué comme figurant marin dans le film !

 

      Le beau temps est avec nous ! et cette fois il ne nous quitte plus jusqu’à notre retour en Martinique ! Les Grenadines… un archipel d’une trentaine d’îles, fidèles aux clichés de nos cartes postales, du sable blanc, des cocotiers, une mer turquoise, et des magnifiques spots de plongée sous-marine… D’île en île, nous naviguons par petits sauts de puce, Bequia, Canouan, Mayreau, Tobago Cays, Union, Petit Saint-Vincent. Sandy Island. L’un des avantages de naviguer à cette saison est que nous sommes très peu de bateaux, deux ou trois, parfois tout seul, alors qu’en pleine saison de novembre à juin ils peuvent se compter par plusieurs dizaines largement. Chaque île a son charme, ses attraits et ses atouts... Si l’on nous demandait de faire un classement ? Nous aurions bien du mal à répondre. En citer deux que nous avons préférées ? L’équipage s’accorde à répondre « Tobago Cays » et « Mayreau ». « Tobago Cays » pour sa plus belle plongée en masque et tuba, sa barrière de corail et sa multitude de poissons, ses tortues, son île voisine déserte « Petit Tabac », et peut-être aussi pour la frousse de François à la vue de son premier requin ! Mais rassurez, les quelques uns que nous avons pu voir sous l’eau étaient petits (moins d’1m50) et bien indifférents à notre présence, a priori pas dangereux. Néanmoins dans ces moments-là, on ne fait pas le malin, et on préfère vite rejoindre le pont du bateau ou la terre ferme ! L’île de « Mayreau »… et notre mouillage à Salt Wisthle Bay… Les premières images qui surgissent de ma mémoire sont ces trois raies attirées de nuit par la lumière du bateau et de notre lampe torche. Pendant près de trois heures, elles ont offert un joli ballet à Mandragore et pour nous un magnifique cadeau ! Trois raies de couleur sombre tachetées de blanc…. Mayreau, c’est aussi son petit village surplombant l’île à une vingtaine de minutes à pied de notre mouillage, la gentillesse de ses habitants, et comme beaucoup d’îles paradisiaques des Grenadines la beauté de ses plages, ses pélicans plongeant avec fugacité dans les bancs de poisson pour pêcher, ses cocotiers penchés vers la mer, comme s’ils cherchaient à protéger du soleil toute âme allongée sur le sable blanc et chaud à leurs pieds… A certains endroits, l’île n’est large de quelques dizaines de mètres. Nota Bene pour l’île Petit Saint-Vincent, ne faites pas comme moi en voulant goûter des fruits en chemin. Si c’est un petit fruit jaune ressemblant à une mirabelle, ne le goûtez pas, c’est un poison. Je l’ai pourtant juste touché de la langue, mais s’en est suivi la gorge qui brûlait et un mal de tête pendant deux bonnes heures. A part cette gêne temporaire, tout l’équipage fut en pleine forme tout au long des trois semaines.

La vie à bord tous les quatre s’organise autour des manœuvres en navigation, la cuisine, les baignades et plongées, mais aussi… la pêche de François ! Malheureusement malgré toute sa bonne volonté et ses heures de patience, il n’a rapporté qu’un poisson ! La vie en mer, c’est aussi

 

Nous quittons les Grenadines pour l’île de Grenade où nous récupérerons Amélie, une amie de Noirmoutier pour trois semaines. Elle réalise un voyage seule en sac à dos depuis près d’un an en Amérique du Sud. Notre navigation est presque sur sa route. Elle s’organise pour nous rejoindre sur l’île de Grenade. Nous mouillons dans le bassin à l’intérieur du port. La ville de Saint-Georges a ce charme d’être au pied du port. Lorsque l’on débarque, l’on est déjà en plein centre-ville. Nous  En avance d’une journée sur l’arrivée d’Amélie (finalement elle arrivera la veille, mais je passe les petites galères pour se retrouver !), nous profitons de louer une voiture pour découvrir l’intérieur de l’île, les cascades « Annadale Falls », « Grand Etang Lake » un ancien volcan, puis « Seven Falls ». Ce dernier site est à ne pas manquer ! Au départ, nous ne pensions pas prendre de guide. Vu qu’il ne coûtait que 2,50 euros par personne et que nous avions lu que sa présence était indispensable, on le prend, finalement nous n’avons nullement regretté ! On s’est retrouvé à faire du canyoning à la locale, s’engouffrant dans des endroits où nous ne serions jamais allés par nous-mêmes. 1ère chute nous nous baignons à son pied, mais ensuite nous crapahutons de chute en chute, certaines plus impressionnantes que d’autres jusqu’à la dernière… aie aie aie… grosse peur 12 mètres ! ça fait haut ! et puis après quelques hésitations, finalement on se lance ! C’était excellent mais ça fait quand même haut !

 

Le retour en Martinique se fait donc à cinq, Amélie s’ajoutant à notre équipage, puis sept avec Eric et Simone, entre Sainte-Lucie et le Marin en Martinique. En effet, Eric et Simone sont venus déposer leurs voiliers ici pour plusieurs mois, ils cherchaient un bateau pour revenir en Martinique. Notre escale un vendredi à Rodney sur Sainte-Lucie nous permet de profiter du « Friday Night », fête locale hebdomadaire, tout le monde mange et boit dans la rue, le tout dans une très bonne ambiance.

Samedi 4, 17h nous arrivons au mouillage au Port du Marin, quelques heures avant l’heure de départ du vol de Circé et François pour la métropole. Tout s’enchaîne très vite, les voilà déjà partis… Nous restons quelques jours au Marin le temps de refaire les pleins d’eau, de nourriture, profiter des amis encore un peu, et puis il faut dire au-revoir, Mary et Michel, Eric et Simone, Alain et Marie-Laurence… Au-revoir ! A bientôt ! pour certains peut-être on se retrouvera dans le Pacifique…

 

Chapitre 24 bis (écrit par Circé et François, un couple d’amis venus nous rejoindre 3 semaines à bord) : 13 septembre – 04 octobre, les petites Antilles d’île en île : Martinique, St Vincent, Ste Lucie, Les Grenadines, Grenade…

 

  

Nous avons passé trois semaines avec Laurent et Hélène à bord de Mandragore. Ce carnet de bord s’adressera en particulier à ceux qui comme moi ne sont pas marins et qui n’ont qu’une légère idée de la vie à bord d’un voilier.

 

            13 septembre, arrivée à Fort de France. Laurent nous accueille et nous conduit au port du Marin. Un peu plus loin se trouve une zone de mouillage, appelée communément « trou à cyclone », car bien protégé du vent grâce à la mangrove. C’est ici que Mandragore et d’autres voiliers ont choisi de s’abriter pendant la période cyclonique. Cette période s’étend de juin à novembre, mais les risques les plus importants sont d’août à septembre. Les cyclones se forment au Cap Vert, traversent l’Atlantique, arrivent aux Antilles, et généralement dévient leur route pour remonter plus au nord des Caraïbes. Nos amoureux de la mer ne feront donc pas route vers la Guadeloupe avant fin octobre. Nous ferons route ensemble cap au sud pour rejoindre les Grenadines et Grenade. Hélène profite encore de ses proches en France et nous rejoindra le 16 septembre. Ces trois jours nous permettent de visiter le Marin et ses environs, de prendre nos marques sur Mandragore et de faire connaissance avec les amis de Laurent et Hélène, qui ont eux aussi abrité leur voilier dans la mangrove. Nous rencontrons en particulier Mary et Michel, un couple très sympathique de français qui a décidé de travailler plusieurs mois ici le temps de mettre des sous de côté, ou selon leur expression « refaire leur caisse de bord ». Nous rencontrons aussi Eric et Simone. Lui est français, elle est australienne. Ils travaillent tous deux à bord de voiliers de locations, lui comme skipper, elle comme hôtesse. Ils ont l’intention de rejoindre la Polynésie en début d’année prochaine, donc à priori ils recroiseront la route de Mandragore.

            Avec Laurent, nous faisons une première navigation (« nav’ » dans le langage bien particulier des marins) de 3h pour rejoindre les Anses d’Arlet, petites baies à quelques miles au nord du Marin. Avant de continuer j’ai envie de faire un petit aparté sur les termes spécifiques aux marins. En effet, on a l’impression qu’ils ne peuvent pas se contenter de parler comme tout le monde ! Il existe des appellations particulières alors que la langue française nous offre déjà des mots pour ça ! Par exemple, on ne dit pas une « corde » mais un « bout » (et l’on prononce « boute »), on ne parle pas de droite et de gauche, mais de « tribord » et de « bâbord », on ne dit pas « tirer » et « lâcher », mais « border » et « choquer », etc. Pour compliquer tout ça, les distances ne sont pas en kilomètres, mais en miles (1 mile = 1,8 km) et les vitesses ne sont pas en km/h ou en mile/heure mais en nœuds (1 nœud = 1 mile/h). Je pensais que toutes les fenêtres sur un bateau s’appelaient des hublots. Mais non ! Les hublots sont seulement les ouvertures qui sont sur la coque. Celles qui donnent entre l’intérieur du bateau et le pont s’appellent des panneaux de pont. Encore quelques termes marins pour mieux comprendre la suite de mon récit... En bateau lorsqu’on s’arrête, soit on va au port et on s’amarre à un ponton (et c’est payant), soit on se met un peu plus au large et on jette l’ancre. Cela s’appelle « mouiller ». Pendant nos trois semaines, nous n’avons fait que des mouillages et c’est lorsqu’on est au mouillage que l’annexe (le petit zodiac à moteur) se révèle très utile pour rejoindre la terre autrement qu’à la nage !

            Retour à l’Anse d’Arlet où nous avons passé une nuit. C’est ici que nous avons aperçu nos premières tortues. Equipés de nos masques et tubas, nous réalisons notre première rencontre avec la faune sous marine… Notamment je garde le souvenir de ces poissons trompettes, 20 cms de long, très fins et une bouche en forme de tête de cheval.

 

            Mardi 16 septembre, au programme de la matinée, grosses courses afin de remplir les placards de nourriture pour trois semaines, plein de gasoil et d’eau (nous avons 400 litres d’eau douce à bord). Nous allons accueillir Hélène à l’aéroport, retrouvailles de nos aventuriers qui ne se sont pas revus depuis près de 2 mois. Nous avons convié Mary, Michel, Eric et Simone pour un apéro-dîner à bord. C’est aussi l’occasion de fêter les deux ans de mariage d’Hélène et Laurent.

            Le lendemain matin, Antoine et Sébastien, des amis d’Hélène de passage en Martinique, nous rejoignent le temps d’une petite navigation entre le Marin et Ste Anne. Après un bon repas à bord et une baignade, nous les laissons au port de Ste Anne et mettons le cap vers Ste Lucie. Au programme de notre voyage d’île en île : Ste Lucie, St Vincent, les îles Grenadines (parmi elles, Bequia, Mayreau, Tobago Cays, Union, Petit St-Vincent, Cariacou), Grenade. La plus grande navigation est entre Ste Lucie et Bequia (110 miles). Ensuite ce ne sont que des traversées de quelques heures pour aller d’île en île.

           
Les premiers jours, les conditions de navigation ne sont pas à notre avantage. Pluies et vents de sud-est, très inhabituels ici, nous contraignent à avancer au « près-serré » (c’est-à-dire au plus près du vent) en ajoutant le moteur en continu pour l’aider à avancer contre le courant. Malgré un départ nocturne à 4h du matin, la pluie et la mer courte auront raison des nerfs de notre capitaine qui décide finalement que nous ferons escale. En attendant que les vents s’arrangent, nous choisissons de mouiller à Soufrière à Ste Lucie. puis Walilabu, sur l’île de St Vincent. Cette dernière baie accueillit le tournage d’une partie du film « Le Pirate des Caraïbes ». Le passage de l’équipe de tournage reste palpable au travers de décors, canons, tonneaux, cercueils toujours en place. A une dizaine de minutes à pied, nous profitons d’une chute d’eau pour nous baigner. Les voiliers s’arrêtent peu a St Vincent. En effet les rumeurs parlent de plusieurs agressions et vols sur des bateaux de plaisance. Etape improvisée donc, mais pour notre part, nous avons rien ressenti de tout cela, un accueil simple et chaleureux. Le lendemain, nous profitons de la météo plus clémente et partons dès l’aube en direction de Bequia dans les Grenadines.

 

            La vie à bord…   A ma grande surprise, Mandragore est mieux équipé que notre petit appartement parisien. Côté cuisine, un évier avec de l’eau douce pompée sur les réservoirs du bateau, que l’on peut basculer à l’aide d’une vanne sur eau de mer, une gazinière, un four et tous les ustensiles dont on peut avoir besoin. La cuisine et le carré (terme qui désigne le « salon ») sont aménagés avec de nombreux placards que l’on appelle des « équipées ». Sur un bateau, tout objet a sa place et est soit suspendu à un crochet, soit plaqué au mur par des élastiques, soit rangé dans une équipée fermée avec un verrou. En effet lorsqu’on navigue, on ne peut se permettre de laisser traîner un objet sur une table puisque le bateau est fréquemment amené à gîter. A bord il est important de faire attention à sa consommation d’eau et d’électricité. La douche se prend sur le pont à l’aide d’un bidon et d’une pompe. Sur un bateau, on a beaucoup de temps donc on prend le temps de cuisiner, lire, préparer la suite du voyage, pêcher et discuter… Avoir un voilier n’est pas de tout repos, les manœuvres en mer sont ponctuelles mais sportives, il faut tout surveiller, la météo, les vents, les fonds… Tout ça, c’est le boulot quotidien de nos deux marins, ils doivent toujours anticiper et à peine on est-on en train de jeter l’ancre que Laurent est déjà en train d’observer tout ce qui l’entoure et de tout prévoir en cas de départ en urgence pendant la nuit. Il ya fréquemment du matériel qui casse et il faut réfléchir à la manière la plus efficace et la moins coûteuse pour le réparer ou le remplacer. Ils doivent régulièrement grimper en haut du mât afin de faire le contrôle et l’entretien du gréement (c'est-à-dire la structure qui porte la voile).

            Ici, le jour se lève à 6h et le soleil se couche à 18h. La température à l’intérieur du bateau en pleine journée est généralement de 33°C et baisse à 29°C pendant la nuit. 29°C, c’est également la température de l’eau. Contrairement à nos habitudes de vacances, nous sommes donc très matinaux, mais il n’est pas très difficile de se lever à 7h quand on sait que la première chose que nous allons pouvoir faire avant même le petit-déjeuner est un plongeon !

            En conclusion, la vie à bord est très saine. Nous sommes toujours en extérieur et nous prenons le temps de vivre. En ce qui concerne François et moi, nous oublions les soucis du quotidien parisien, mais cela n’empêche pas d’avoir des pensées pour notre famille et nos proches.