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| Chapitre 2 : octobre 2005 - juin 2007, la restauration de Mandragore se poursuit à Noirmoutier Pourquoi Noirmoutier ? Laurent y a de nombreuses attaches. Il n’y a pourtant jamais vécu à l’année, mais lorsque nous nous sommes rencontrés et que je lui ai demandé « d’où viens-tu ? », il m’a tout simplement répondu « Difficile à dire, car j’ai été amené à souvent bouger, mais s’il y a bien un lieu qui m’accompagne depuis mon enfance, c’est l’île de Noirmoutier ! ». De nombreuses attaches y sont gravées, une maison de famille, toutes ses vacances, et beaucoup d’heures passées sur les eaux entourant cette île ! Pour ma part, je ne connaissais pas, ma famille est principalement sarthoise, mes parents sont agriculteurs mais je l’ai définitivement adoptée. Le milieu maritime a finalement beaucoup de liens avec celui de la terre, l’amour de la nature, de l’espace, des plaisirs simples. Vivre sur cette île à l’année me plait beaucoup, et correspond, je crois, à ma personnalité. Etre sur une île tout en étant relié au continent par le pont, être sur un lieu proche de la nature tout en étant relié à la ville si besoin. Je termine mon mémoire de stage, le présente en décembre 2005, tout en cherchant du travail. Il faut que l’un de nous reste près du bateau, Laurent gagnera davantage à l’étranger dans son domaine, il part donc régulièrement pour des missions d'installations sous-marines de six à huit semaines au large de l'Afrique de l'Ouest. Pour ma part, j’ai une proposition en coopération décentralisée à Nantes, lorsque l’association « La Chaloupe » (cf site www.lachaloupe.org ), association de protection du patrimoine maritime, située à trois mètres du bateau, me propose de rejoindre leur équipe et de travailler comme assistante chargée de mission avec Marc Tourneux. Les aider à organiser les Régates du Bois de la Chaise me plait beaucoup. De plus, Marc m’évoque l’idée d’un programme de développement à Madagascar, la construction d’une goélette servant de navette médicale et de transport de sel. Tout cela me plait ! et en plus je n’ai même pas à prévoir de temps de trajet pour aller au travail le matin ! Ce n’est pas rêvé tout ça ! Pour couronner le tout, l’ambiance y est excellente, ce n’est pas pour leur envoyer des fleurs, mais que ce petit mot soit aussi l’occasion de vous adresser un grand merci pour votre gentillesse, votre convivialité, votre constante bonne humeur ! Cette année à Noirmoutier m’aura réellement beaucoup marquée, et permis de rencontrer au fil de ces deux ans bientôt, des gens exceptionnels ! Mandragore trouve donc sa place près de l’atelier de la Chaloupe, soit à couple du « Martroger » ou du « Tahora ». Ci-après, le vieux port de Noirmoutier, Mandragore contre le quai, toutes les six heures… marée haute et marée basse ! Mandragrore vu du ciel. Nous sommes situés à mi-chemin du chenal sur la rive sud. Jetez un oeil dans le chapitre 2 de l'album photos, vous y verrez : Le carré -vu de la coursive, de la cabine avant, ou encore depuis la cuisine ! Etat des travaux en janvier 2006-, la cuisine -au fond à droite, puis vue d'un peu plus près, avant la pose des portes sur les équipées... Etat des travaux en mars 2006-, la salle de bain -Etat des travaux en janvier 2006. Initialement, il n'y avait pas de salle de bain, ou disons plutôt il n'y en avait plus. Les anciens propriétaires avaient gardé des toilettes dans la cabine arrière, et pour la douche... au jet sur le pont ! Cet endroit était réservé pour un lit bébé-, et enfin la cabine avant, où nous hébergerons nos invités, et puis bien sûr elle nous sera utile lorsque la famille s'agrandira... Nous y avons refait isolation, lambris, peinture, rangements, coussins…
Chapitre 3 : 16 septembre 2006, notre mariage à Noirmoutier, puis lune de miel en Bretagne sud à bord de Mandragore
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Le premier jour de notre venue avec le bateau à Noirmoutier, le 10 octobre 2005, après l’amarrage de Mandragore sur le quai, nous remercions ceux qui nous ont aidés autour d’un pot à bord et leur annonçons dans la discussion que nous comptons nous marier le 12 août prochain… Qu’avions nous dit là ? – Vous n’y parviendrez pas, c’est en plein cœur des Régates du Bois de la Chaise, juste le week-end le plus chargé de l’année. Toute l’île est occupée, vous ne trouverez aucun hébergement, aucun lieu pour inviter vos convives ! – En effet, nous avons rapidement décalé la date au 16 septembre 2006. Bonne franquette, mariage à l’église de la Guérinière, photo de groupe sur la plage, apéro-barbecue sur le port près du bateau, paëlla géante pour les 280 invités à la Boîte à sel. Et le lendemain, un bon pique-nique et baignade sur la plage de la Vendette. Quelques jours plus tard, nous quittons le port de Noirmoutier pour une lune de miel, tout simplement d’île en île en Bretagne sud à bord de notre Mandragore. Certes, nous avions déjà pu découvrir le comportement du bateau en mer lorsque nous l’avions ramené entre Nivillac et Noirmoutier, mais cette fois-ci nous apprenons davantage à le connaître. Il nous reste encore pas mal de travaux à effectuer, mais nous pouvons déjà bien en profiter et vaquer chaque jour d’un mouillage ou d’un port à l’autre, l’île d’Yeu, Groix, le Golfe du Morbihan, Belle-Île… |  | |  |
1er mai 2007, Laurent a posé sa démission fin janvier, ses trois mois de préavis sont écoulés. Les rotations en mer au large de l’Afrique de l’Ouest pour payer plus vite notre bateau ne sont bientôt que du passé. Pour ma part, je quitte mon travail à la Chaloupe (à regret oui, mais il parait qu’on ne peut pas tout faire dans la vie ! et puis je reviendrai quand même cet été aider l’équipe au moment des Régates !). Nous pouvons à présent nous consacrer à temps plein aux derniers préparatifs, et non des moindres. Il nous reste encore beaucoup de travail, mais si nous maintenons un rythme intense chaque jour, nous espérons être dans les temps et quitter le port à la grande marée de juin. Nous nous répartissons le travail, derniers aménagements intérieurs, couture des voiles, révision du moteur, fin d’installation du matériel… 10 juin : Histoire de fêter notre départ, un pot avec les proches de Noirmoutier serait sympa ! Oui, mais lorsque je veux proposer quelque chose, je vois que des choses sont déjà en train de s’organiser en douce avec des petites surprises là-dessous ! Hélène, t’occupe ! Tu invites juste les personnes dont tu as envie ! Les amis de la Chaloupe ont tout prévu, même un barbecue sardines et saucisses grillées, mmmh ! Et, surprise ! plusieurs personnes de Voiles et Voilages sont là grâce aux gentilles manigances de Nicole ! Visites répétées du bateau, un repas qui ne s’achève qu’en bon milieu d’après-midi, bonne ambiance… Encore merci à toutes les personnes présentes pour la cagnotte qui nous permettra notamment d’acheter un deuxième vélo pliable ! 14 juin, il nous reste encore quelques points, mais nous pourrons les achever depuis le mouillage du Bois de la Chaise. Marée haute prévue à 16h40. Moteur en marche dès 14h, le bateau flotte à 15, il ne nous reste plus qu’à larguer les amarres. Déjà ! voilà, c’est fait, déjà le bateau s’éloigne du quai, déjà il longe le chenal et quitte le port en quelques minutes. Je n’ai finalement pas eu le temps de réaliser que c’était un départ, j’ai à peine eu le temps de dire au revoir. Finalement c’est peut-être mieux, cela ressemble moins à un départ. Une page se ferme, une nouvelle s’ouvre… Nous pensions partir quelques jours après le 14, mais finalement nous quitterons notre mouillage de l’Anse Rouge à Noirmoutier pratiquement un mois après, le 06 juillet. Retards prévus et imprévus se cumulent, les jours s’enchaînent, nous allons finir par croire que Neptune veut vraiment que nous restions à Noirmoutier ! Hélène nous fait une poussée de dents de sagesse, Laurent est bloqué du cou et du dos le jour de son anniversaire et toute la semaine qui suit. Premier essai de la grand-voile, trop large sur les 2/3 de la chute… Nous avons réussi à tout reprendre avec David en une après-midi et une soirée (un grand merci à lui !). Samedi 23, essai en baie de Bourgneuf, nous sommes ravis du comportement du bateau, de la nouvelle grand-voile, du génois et… du régulateur d’allure ! Mais nous manifestons notre joie trop vite… Lundi matin, en faisant un tour de vérification du bateau, nous nous apercevons qu’une pièce du régulateur a disparu, plus précisément le pignon conique et sa grosse poignée en inox. Bizarre, volée ? mais pourquoi cette pièce. De plus, nous avons toujours été à bord. Est-elle tombée à l’eau avec la tempête de la nuit ? Les trois sécurités censées intervenir en cas de problème ont-elles lâché ? Est-ce une faute du fabricant ? Des plongeurs professionnels ont tenté à deux reprises de la retrouver, mais en vain. Nous rapportons le reste du régulateur au fabricant à Nantes, et récupèrerons la nouvelle pièce le 11 juillet à la Rochelle. A cela s’ajoute un vent dépressionnaire sud-est inhabituel pour la saison. Les nuits au mouillage riment le plus souvent avec roulis, sommeil léger, voire nuit blanche pour une certaine nuit… Néanmoins, je ne regrette pas cette nuit, elle avait quelque chose de magique. Ces bruits, ce vent, la chaîne qui tirait et la peur qu’elle lâche à chaque effort. Nous préférons dormir habillés et nous lever la nuit pour vérifier que tout va bien. Je garderai bien en mémoire ce moment. Ne trouvant pas mes lunettes, j’ai même remis de nouvelles lentilles pour mieux mesurer et admirer le spectacle. Cela m’a toujours fascinée qu’une même mer, disons sur un même lieu, puisse dégager des personnalités, des comportements si différents. Endormie, enjouée ou effrayante, elle se révèle tellement vivante. Les couleurs, la texture de sa peau, un beau bleu rond plus ou moins translucide en harmonie avec le ciel, un gris triste et ridé, ou une apparence verdâtre les lendemains de grosse houle dû au brassage des algues. A chaque fois que nous croisons quelqu’un à Noirmoutier, on ne pouvait s’empêcher de nous dire « Mais vous n’êtes toujours pas partis ! » Et bien non, mais c’est aussi cela le bateau, ne rien pouvoir prévoir, les casses et les impondérables éventuels, le vent qu’il fera demain… Et puis sur un grand voyage qui n’a pas de durée, sommes-nous à quelques semaines près au moment du départ ? Avec du recul, ce mois de retard ne fut pas inutile. Il nous aura permis de bien préparer le bateau, faire des essais en baie et bien tester le bateau par temps venteux, notamment lors de notre aller-retour à l’île d’Yeu… Grosse frayeur à quelques miles de notre retour, le câble de notre barre à roue lâche brusquement, plus de barre, plus rien, la barre tourne dans le vide ! Nous savions qu’il était vieux, cela faisait partie des choses que nous voulions rapidement remplacer, mais en attendant il nous faut trouver une solution très vite, tout de suite, maintenant ! Par chance, nous venons juste de passer les rochers des Bœufs, et notre cap nous en écarte encore davantage, Mandragore sous grand voile réduite d’un ris et génois tient étonnamment son cap. Continue mon grand, on compte sur toi ! Une heure-et-demie de réparation, le premier câble est trop court, nous utilisons finalement une filière. Ouf, nous reprenons la maîtrise de la barre, pouvons virer de bord et rejoindre à la nuit tombée Noirmoutier. Nous remplaçons notre câble solidement demain matin. 6 juillet 2007, cette fois-ci c’est pourtant un vendredi, mais aussi le premier jour qu’il fait beau depuis mi-juin, nous larguons la chaîne de notre mouillage. Cette fois-ci, c’est la bonne, j’ai même laissé mes clés de voiture à Evelyne, donc nous allons vraiment partir. Un dernier au-revoir à la maman de Laurent depuis la plage. Petit coup de blues, mêlé à l’excitation du départ, surtout Laurent ce matin. C’est vrai, pour ma part je reviens dans quelques semaines, mais toi Laurent, dans combien de temps ? Allez, c’est parti, cap sur la Bouée des Pères, puis direction Ile d’Yeu. Belle nav, belle mer, beau soleil. Nous réalisons que c’est la première fois que nous naviguons sur Mandragore sans avoir besoin de ciré ! Je m’octroie même le plaisir de me plonger dans un bon bouquin tout en étant allongée sur l’annexe au-dessus du coffre arrière. Nous n’avons pas encore le régulateur, mais en attendant le pilote automatique joue très bien son rôle, et nous permet de bien profiter de cette petite traversée. 17h, arrivée à l’île d’Yeu, baignade, douche, dîner à bord, consultation des mails et de la météo sur la BLU, puis lecture sous la couette ! Samedi 07/07/07 ! Etonnant ce jour comblé par trois fois du chiffre de la perfection ! Bonheur à tous les nouveaux mariés et les nouveaux nés ! Leurs proches n’auront pas de mal à se souvenir de cette date ! Une nuit au port change du mouillage de la Plage des Dames. Nous quittons Port-Joinville vers midi en vue de rejoindre les Sables d’Olonne en fin de journée. Le ciel est nuageux, mais la navigation demeure paisible et reposante. Cette navigation est aussi l’occasion de m’entraîner sur les différentes manœuvres à bord, grand-voile, génois, virements de bord… punaise, on se fait les bras ! Elle n’est pas légère à hisser notre grand-voile ! De la bonne musique dans le cockpit, un œil attentif sur les éventuels bateaux au large, jusqu’au moment où… oh non ! La pompe du groupe d’eau tourne à plein régime, un collier sur un tuyau dans la salle de bain a lâché… Les fonds sont plein d’eau et surtout tout ce qui était dans le placard de la salle de bain est trempé. Allez hop, c’est parti, seau, pompe à main et on vide, on vide, on soulève tous les planchers, on se rend compte qu’il y en a déjà presque partout et qu’un autre collier a lâché, celui du tuyau des eaux usés entre la cuisine et le carré… Une fois tout cela réparé, cela mérite bien un bon goûter ! Lorsque l’écriture rejoint le présent… La prochaine fois que nous vous écrirons, nous devrions avoir rejoint l’île de Ré, puis la Rochelle, avant de traverser le Golfe de Gascogne… | |
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