Le réveillon du nouvel an :
Nous débutons la soirée sur Mandragore en compagnie de Michel, Mary et Christophe, un sympathique français originaire des Alpes voulant lui aussi tenter l’aventure d’une traversée transatlantique. Nous avons droit à un véritable festin préparé par Hélène et Mary, nos deux cordons bleus. L’ambiance à bord est très conviviale. Ensuite, nous assistons au feu d’artifice de Mindelo et à la folie de ces jeunes se jetant à l’eau en bordure de plage pour exprimer leur joie et enterrer leurs soucis accumulés pendant l’année. Que de rires, d’hystérie collective, de coups de klaxons et de danses improvisées !! …autant vous dire qu’en France ce type de liesse populaire n’a lieu que dans des occasions telles que la victoire des bleus en 98… Cependant, la ferveur des habitants laisse place rapidement à des rues calmes et désertes. Donc direction le Syrius, la seule discothèque que nous trouvons ouverte sur Mindelo avec banquet, open bar et salsa caliente tout le reste de la nuit…
Mardi 1er janvier :
Nous nous réveillons tôt pour visiter l’île de Sao vicente après 3 heures de sommeil... Nous louons un « aluguar » (genre de pick up transformé en taxi) pour monter au sommet du « Monte Verde », lieu mythique de l’île. Bon, il faut être franc, cette île n’est pas la plus belle au Monde… du fait de ses terres arides où rien ne pousse. Nous sommes un peu déçus car le paysage est pauvre, le soleil inexistant depuis notre arrivée et le vent omniprésent (normal remarquez pour une île appelée « île sous le vent »). Malgré notre petite déception, nous gardons le sourire et poursuivons notre périple vers la plage de « Baia das Gatas ». Mais malheureusement le soleil continue son jeu de « cache cache » et notre bain de mer tombe à l’eau. Puis tout en dégustant dans un petit restaurant les délicieux « garoupas » (poissons typiques du cap vert), nous décidons à l’unanimité de prendre le lendemain le premier ferry pour découvrir l’île de San Antao dont tout le monde nous a vanté la beauté.
L’île « San Antao » :
Le mercredi matin, lever 6h30 pour embarquer à bord du ferry direction San Antao. Lorsque nous arrivons, nous voyons une île aride, un peu similaire à celle de Sao Vicente. Mais grande fut notre surprise lorsque nous découvrons l’autre versant de l’île et sa végétation luxuriante. Nous parcourons bon nombre de kilomètres à travers les petits villages et les vallées verdoyantes de cette île typique du cap vert. De belles images et souvenirs de rencontres nourriront désormais nos esprits : ces enfants venus demander des stylos, les anciens des villages au sourire radieux, Sandro le français qui nous a accueillis chez lui, dans ses chambres d’hôte, et qui y vit depuis près de 8 années ! On se souviendra longtemps des paysages de cette île, de ses habitants et du goût parfumé du « grogue », le rhum local.
Notre retour à bord d’ « Ouekan » :
De retour à Mindelo, le jeudi en fin d’après-midi un problème se pose : comment allons-nous repartir vers l’île de Sal pour prendre notre avion le dimanche à minuit ? Pas de ferry disponible avant la semaine prochaine, nous sommes coincés sur Mindelo. Les conditions de retour s’annoncent très difficiles (vents contraires, courants…). Nous voulons éviter ce périple à Hélène et Laurent qui nous proposent de nous ramener. Par chance, nous faisons la connaissance de Gérard et Michel qui justement s’en vont en direction de Sal à bord de leur catamaran « OUEKAN » avec un petit détour par l’île de Santa Luzia. Ils acceptent de nous prendre avec eux.
Nous quittons Hélène et Laurent le vendredi matin 4 janvier, direction Santa Luzia, magnifique petite île déserte aux plages de sable blanc. Nous en profitons pour gravir les cols escarpés de l’ile avec Michel, grand amateur de randonnées. Gérard, lui, préfère nous attendre sur le bateau, occupé à nous mitonner de bons petits plats. (Il viendra nous chercher à la tombée de la nuit avec sa lampe torche, mais l’annexe fut victime de l’assaut des vagues, Gérard tomba à l’eau. Ce fut un moment d’anthologie et de rires…). Nous quittons l’ile de Santa Luzia le samedi à 17 heures. Nous vivons alors une traversée très difficile en direction de Sal à tel point que nous sommes arrivés in extremis le dimanche soir à 23h30 à Sal pour prendre notre avion. Un grand merci à Gérard et Michel qui se sont battus comme des lions de jour comme de nuit pour nous mener à bon port. Inoubliable !
Nous tenons à remercier Hélène et Laurent pour cette très belle expérience sur leur bateau et ce séjour au Cap Vert que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Nous vous souhaitons une très belle traversée de l’Atlantique et de très belles escales sur le continent américain. Encore un grand merci pour votre accueil et votre gentillesse et surtout nous vous souhaitons bon vent !!!
Karen et François