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| Chapitre 0 : L'envie de faire un tour du Monde à la voile... 30 janvier 2002, Laurent est arrivé depuis quelques jours en Guyane afin de réaliser son stage d’ingénieur au Centre aérospatial de Kourou. Il est en collocation avec deux autres français. Hélène, avec son amie Karen, a quitté la France depuis décembre 2001 pour un tour du Monde en sac à dos d’un an, dans le cadre de leur association « Mode Sans Frontières » Cf. site internet www.modesansfrontieres.org Notre première rencontre eut lieu lors d’une soirée chez les nouveaux colloc de Laurent. Etait-ce un signe ? Laurent avait sur ses genoux un livre, pas n’importe quel livre « La Vlimeuse », narrant l’histoire d’une famille réalisant un tour du Monde à la voile ! Nos premiers mots furent donc déjà tournés vers la mer… Nous n’avons pourtant passé que trois soirées ensemble, mais le feeling est passé, nous restons en contact par mail. Je reprends ma route avec Karen direction Brésil, Chili, Tahiti, Australie… Courrier après courrier, nous apprenons à mieux nous connaître. Très vite, Laurent devient la personne avec qui j’échange le plus de choses sur nos voyages, nos vies… Nous nous rapprochons davantage, et Laurent m’avoue qu’il a depuis des années le projet de réaliser un grand voyage à la voile, le plus tôt possible, à ses 27 ans... Je suis alors en Chine, et lui réponds par mail, pourquoi pas à 2 ! 2 septembre 2002, alors que Laurent réalise le tour de l’Espagne avec quatre copains à bord du « Cap-Horn », bateau de 6,50m construit par son grand-père, je profite d’une escale en France entre les Maldives et l’Afrique pour le rejoindre à Ibiza. C’est la première fois que nous nous revoyons après 7 mois, et le projet de réaliser un voyage à la voile tous les deux est toujours bien présent dans nos têtes… Janvier 2003 : Je rentre avec Karen de notre périple à travers le Monde. Mars – juin 2003 : Laurent repart en stage ingénieur dans un centre de recherche d’hydrodynamique des fluides mais cette fois en Australie. Aout 2004 – août 2005 : Laurent travaille en VIE en Indonésie, à Balikpapan Septembre 2004 – mai 2005 : Je finis mes études, DESS-Master « Développement, Coopération Internationale et Action Humanitaire » à la Sorbonne, Paris. Mai 2005 – septembre 2005 : Puis, stage au sein de l’ONG « Oxfam » en Indonésie Chapitre 1 : octobre 2004, découverte et restauration du bateau au chantier Folleux dans le Morbihan Octobre 2004 : Nous parcourons les annonces, les chantiers, les ports… à la recherche du bateau qui nous correspond, soit un voilier monocoque, gréé en ketch, coque acier, dans les 12m, et surtout dans nos prix ! Jusqu’au jour où… Le jour commence à baisser, nous avons déjà visité pas mal de chantiers sur la côte sud Bretagne, nous terminons par celui de Folleux, à Nivillac, près de la Roche Bernard. Il y a parait-il de bonnes affaires par là. Nous tombons sous le charme de ce grand bateau noir, visible depuis l’extérieur alors que Yann, s’apprête à fermer le portail. – Ce bateau, il est à vendre ? – Non, il appartient à mon patron. C’est lui qui l’a construit, il a beaucoup navigué, certains jours il dit qu’il ferait mieux de le vendre, il ne naviguera plus avec comme avant. Mais à chaque fois qu’il a eu des propositions, il n’a jamais voulu, il n’arrivera jamais à le vendre, il y est trop attaché ! Enfin, je peux lui en parler. » - Merci, voici nos coordonnées, tenez-nous au courant ! » Bien sûr, Jean-Yves n’a jamais rappelé, nous avons donc insisté. Un rendez-vous fut accepté. Retour au chantier Folleux. La phase test commence. Le rdv eut lieu à 14h, Jean-Yves termine de manger. Nous discutons, discutons… Quatre heures se passent… c’est bon, nous grimpons ensemble l’échelle pour monter à bord, le feeling est passé ! Et nous ne sommes pas déçus de la visite. Jean-Yves connait si bien son bateau. C’est lui qui l’a construit avec sa femme Marino en 1978. Ils ont ainsi navigué pendant 15 ans par périodes de 5 ans, en Méditerranée, Antilles, Amérique du Sud…, sont partis avec un enfant à bord, et sont revenus avec trois, Hervelyne, Noa et Molène ! Ce bateau fait partie de la dernière génération des ferro-ciments. Un bureau d’études a travaillé sur ce nouveau procédé. Sa coque est ainsi plus légère que les ferro classiques tout en étant plus résistant. Notre projet leur plait car il ressemble à ce qu’eux-mêmes ont pu réaliser à bord de ce bateau il y a 25 ans. Le seul problème pour nous… est de pouvoir le payer tout de suite… Laurent est en CDD, pour ma part je suis encore étudiante. Il est difficile de trouver une banque qui accepte un prêt dans ces conditions. On a beau promettre que Laurent aura bientôt un CDI, et que je trouverai du travail après mes études, mais cela ne suffit pas à convaincre une banque ! En attendant, nous donnons chaque mois une petite somme à Jean-Yves. Cela ne le gêne pas, puisqu’il n’a pas forcément envie de vendre son bateau trop vite. Dans l’affaire, tout le monde est content, et cela nous permet de commencer très vite les travaux. Nous commençons par la cabine arrière. Cela nous permettra de bien dormir tout en retapant le reste du bateau. Septembre 2005, nous rentrons tous deux d’Indonésie, Laurent de son VIE, pour ma part de mon expérience en ONG. Cette fois, nous sommes prêts à nous en occuper pleinement ! 8 octobre 2005, un an après notre première venue à Nivillac, nous mettons le bateau à l’eau, devant le chantier Folleux. Il s’apprête à rejoindre son nouveau port d’attache, Noirmoutier. 1...2...3... Il flotte !!! Premiers essais dans la Vilaine en direction d’Arzal…
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